C'est l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (CNRS, IRD, Université de la Méditerranée), que dirige Didier Raoult, en collaboration avec des chercheurs hollandais et allemands, qui vient de mettre en évidence ce nouveau mécanisme. Ces chercheurs ont montré en effet que Mimivirus, le plus grand virus actuellement identifié (700 nm), probablement responsable de pneumonies chez l'homme, infecte les macrophages qui sont des cellules de la réponse immune impliquées dans l'élimination des agents pathogènes. Ainsi ce virus pénètre par phagocythose dans les macrophages au sein desquels il se multiplie. Or jusqu'à présent, ce mécanisme d'internalisation n'avait été identifié que chez les bactéries.
Ces travaux, dont les résultats viennent d'être publiés dans la revue PLoS Pathogens, ont permis également de montrer que Mimivirus infecte les macrophages de la même manière qu'il infecte les amibes, une observation qui conforte l'hypothèse selon laquelle les agents infectieux, capables de survivre et de se répliquer dans les amibes, ont développé une stratégie leur permettant aussi d'infecter les cellules du systèmes immunitaire et, par conséquent, de se comporter comme des agents pathogènes potentiels pour l'homme.