Avec 12 millions de personnes infectées, la leishmaniose est une maladie grave, voire mortelle, endémique dans 88 pays. Quant à la maladie de Chagas ou trypanosomiase sud-américaine, elle affecte 7 à 8 millions de personnes selon l'OMS dans 18 pays d'Amérique Latine. Ces infections parasitaires provoquent des lésions irréversibles de différents organes et, qui plus est, peuvent s'accompagner de fortes poussées de fièvre ou encore d'une anémie. Or à ce jour, il n'existe que peu de traitements efficaces de ces maladies qualifiées de "négligées". D'où l'importance de l'annonce qui vient d'être faite par l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et la fondation "Drugs for Neglected Diseases initiative" (DNDi) concernant la mise en oeuvre de coopérations scientifiques pour le développement de médicaments contre la maladie de Chagas, la leishmaniose viscérale et la maladie du Sommeil.
Ainsi, deux accords de collaboration, visant à identifier et développer de nouveaux candidats médicaments prometteurs pour lutter contre ces maladies, ont été conclus. Ce partenariat va donc permettre de faire entrer en phase d'optimisation et de développement deux séries de molécules appartenant à la famille des quinoléines pour la leishmaniose viscérale et de la famille des canthin-6-one pour la maladie de Chagas, identifiées par les équipes de l'IRD et dont les propriétés font apparaître une potentielle efficacité thérapeutique. Accordées par le Département Expertise et Valorisation (DEV) de l'IRD, ces licences enrichissent ainsi le portefeuille, déjà important, de projets de R&D contre ces maladies négligées, de DNDi, qui bénéficie par la même de l'immense savoir-faire développé par les chercheurs de l'IRD sur ces molécules originales. Rappelons que ces dernières ont fait respectivement l'objet de dépôts de brevets, aux noms conjoints de l'IRD et du CNRS en 2001, et de l'IRS et d'un de ses partenaires du Sud, l'Université Nationale Asuncion au Paraguay, en 2003.