Lors du colloque annuel de l'Union Japonaise pour les Sciences de la Terre (Japan Geoscience Union) qui s'est tenu au Japon du 25 au 30 mai, l'Agence spatiale japonaise (JAXA) et l'Université de Tokyo ont fait part des études qu'elles menaient sur une future mission vers Mars. Dénommée pour l'instant MeMS (Meteorological Satellite for Mars), elle succèderait à la mission vénusienne PLANET-C (lancement prévue en 2010) et serait dédiée, tout comme cette dernière, à l'observation de l'atmosphère. Ce projet s'inscrit sur la feuille de route à long terme qui a été dressée l'an dernier pour l'exploration du système solaire par la JAXA et plusieurs universités japonaises.
MeMS se livrera à une observation spectrale continue de l'ensemble du disque martien avec une résolution spatiale comprise entre 5 et 10 km. Ses observations permettront de quantifier la vapeur d'eau, les nuages glacés, la température (à la surface et dans l'atmosphère), les aérosols et l'ozone. Un profil vertical de la vapeur et de la température sera obtenu par des sondages submillimétriques, et la structure thermique entre la surface et la troposphère sera déterminée par radio-occultations. L'objectif est de réaliser une première carte précise de la répartition de la vapeur d'eau qui mettra en évidence les points d'évaporation et de perte, et le processus de transport de la vapeur dans l'atmosphère. La formation et la disparition des nuages glacés, quant à eux, renseigneront sur les déplacements des poussières. Le Japon prévoit entre autres d'observer pour la première fois une tempête de poussière martienne.
La JAXA s'était détournée de Mars après la peu chanceuse mission Nozomi, lancée en 1998 et officiellement perdue en 2003. Nozomi aurait dû elle aussi mener des observations de l'atmosphère martienne. Pour MeMS, la JAXA bénéficiera du savoir-faire acquis lors du développement de PLANET-C. Un certain nombre de ses instruments pourrait donc être développé rapidement et permettre un lancement durant la deuxième moitié de 2010.