Une nouvelle étude menée à l'Institut neurologique de Montréal de l'Université McGill a permis de découvrir un mécanisme clé du développement normal des neurones moteurs. Cette découverte est importante pour comprendre et traiter diverses affections qui entraînent la perte ou l'atteinte de cellules nerveuses, comme les lésions de la moelle épinière, les maladies neurodégénératives.
La régénération des neurones est un processus complexe car, en plus de se régénérer ils doivent aussi régénérer leurs connexions spécifiques et individuelles. L'étude, publiée récemment dans Proceedings of the National Academy of Sciences, éclaircit les mécanismes qui interviennent dans le développement normal de certains types de neurones de la moelle épinière.
Les neurones moteurs, fortement spécialisés, ont des caractéristiques distinctes et établissent une connexion avec des types précis de muscles dans des régions spécifiques du corps. "Ces connexions hautement ciblées neurone-muscle sont déterminées en partie par des modèles spécifiques d'expression génétique pendant le développement embryonnaire. L'expression de certains gènes indique au neurone quelles seront ses propriétés, où se déposer et à quel muscle particulier se connecter", souligne le Pr Stefano Stifani, neuroscientifique de l'Institut neurologique de Montréal.
Lors de leur développement, les neurones ont besoin d'un plan d'expression génétique pour devenir des neurones moteurs ou un autre type de cellule nerveuse, les interneurones. Le Pr Stifani a montré que durant le développement, les cellules des neurones moteurs doivent exprimer certains gènes inhibant continuellement les caractéristiques de développement des interneurones.
"Nous avons cerné un facteur clé, appelé Runx1, qui commande le développement correct des neurones moteurs dans la partie supérieure de la moelle épinière. Ce facteur commande l'expression génétique et aide les neurones moteurs à conserver leur statut en régulant l'expression de certains gènes. Ce faisant, il pourrait aussi aider les neurones moteurs à trouver leurs muscles cibles."
Connaître les modèles spécifiques d'expression génétique de différentes cellules de neurones moteurs pourrait aider à expliquer pourquoi certains neurones moteurs sont plus susceptibles d'être affectés par la dégénérescence et aider à cerner de nouvelles cibles pour les traitements.