Le climat de la Terre est régi par l'équilibre entre l'énergie solaire qui parvient à la Terre (irradiance solaire) et celle qui est renvoyée dans l'espace (réflectivité ou albédo). Il est généralement admis que l'activité solaire contribue peu au réchauffement climatique global; cependant certains chercheurs pensent que les variations de l'activité solaire au cours du temps auraient pu jouer un rôle déterminant sur les changements climatiques qui ont pris place dans le passé.
Pour reconstruire l'activité solaire passée on étudie les teneurs dans les calottes glaciaires de deux radionucléides naturels formés dans l'atmosphère sous l'effet du rayonnement cosmique galactique, le béryllium 10 (10Be) et le béryllium 7 (7Be), qui possèdent respectivement une période de demi-vie de 1,5 millions d'années et de 53 jours. Le flux de rayonnement cosmique et donc la production de béryllium cosmogénique dépendent de la force du champ magnétique solaire et de celle du champ magnétique terrestre.
Cependant les mécanismes contrôlant le transport de 10Be à partir de son point de production dans l'atmosphère jusqu'à son dépôt dans les calottes glaciaires polaires sont encore peu connus. Des chercheurs de l'Australian Nuclear Science and Technology Organisation (ANSTO) étudient le rapport 10Be/7Be pour obtenir des informations sur les déplacements et le temps de séjour de 10Be dans l'atmosphère ainsi que sur les mécanismes de dépôt.
En analysant des carottages de glace provenant de Law Dome en Antarctique de l'est, les chercheurs ont montré que les effets météorologiques ont une influence sur les enregistrements du 10Be, et pourraient donc remettre en question des techniques standard utilisées pour reconstruire l'activité solaire passée. Ils ont également détecté un pic de production de 10Be causé par des rayonnements solaires cosmiques en janvier 2005.
L'introduction de la liaison aérienne spécifique et réservée aux scientifiques entre Hobart en Tasmanie et la station antarctique australienne Mawson facilite grandement cette étude. En effet, les carottes extraites peuvent maintenant être analysées rapidement, dans les deux semaines suivantes. Les résultats obtenus permettront d'orienter la prochaine campagne d'échantillonnage qui se déroulera pendant l'été austral 2008-2009.