La société Prognos AG a publié le 24 juin 2008 les résultats d'une étude menée à la demande du Ministère fédéral allemand de l'économie et de la technologie (BMWi), concernant les raisons qui poussent les dirigeants et cadres supérieurs allemands à partir travailler à l'étranger.
Les chiffres de l'Office allemand des statistiques justifient en effet l'intérêt de cette étude : près de 161.000 allemands ont quitté l'Allemagne en 2007, il s'agit là du taux d'émigration le plus important depuis 1954. Toujours pour cette même année, l'Institut d'économie allemande annonçait un manque de 70.000 ingénieurs en Allemagne soit 44% de plus que l'année précédente. La Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK) a tiré la sonnette d'alarme : "à présent, l'Allemagne accuse un manque de plus de 400.000 personnes qualifiées". "La crème de la crème des travailleurs allemands : ingénieurs, professeurs, académiciens partent travailler à l'étranger où les conditions de travail et de vie leur conviennent mieux", a souligné le quotidien Süddeutsche Zeitung.
Dans le cadre de cette étude, la société Prognos a interrogé 1.400 cadres et personnels qualifiés travaillant à l'étranger depuis plusieurs années pour connaître les raisons de leur départ. Parmi eux, 84% sont issus du monde universitaire et environ 21% travaillent dans l'un des domaines "MINT" - Mathématiques, Informatique, sciences Naturelles et sciences Techniques. Ces métiers sont les plus touchés par le manque de cadres supérieurs et de main-d'oeuvre qualifiée.
Pour 68% des personnes interrogées, le premier motif de départ concerne les conditions de travail en Allemagne : faibles possibilités d'évolution de carrière, salaire bas et charges fiscales élevées (cité pour un tiers d'entre eux). La situation (condition) au sein des universités allemandes arrive également en tête des raisons évoquées. Enfin, 39% des sondés ont cité le cadre de vie comme motif de départ de l'Allemagne.
Pour le Secrétaire d'Etat au BMWi, Walther Otremba, les deux causes alarmantes de ce constat sont la fiscalité et la situation universitaire. Il a annoncé que cela devrait "s'améliorer lentement" car d'une part, "la taxation devrait être corrigée" et d'autre part, un grand nombre d'universités étant sur la voie de l'autonomie (abolition de la Loi-cadre des universités [1]), les rémunérations des chercheurs devraient également être revues à la hausse.