Des chercheurs des cliniques universitaires de Düsseldorf, Regensburg, Hambourg-Eppendorf et de l'Institut Max Planck de biochimie ont mis en évidence le fait que les métastases ont un bagage génétique bien différent des cellules des tumeurs primaires. Puisque la plupart des cas mortels de cancer sont liés à des métastases, ceci même après l'élimination réussie de la tumeur primaire, il convient de s'intéresser aux caractéristiques génétiques de ces cellules originelles, afin d'aborder de nouvelles possibilités thérapeutiques.
Les chercheurs se sont attachés à étudier le génome des cellules précurseurs de métastases chez des patients atteints de cancer de l'oesophage. L'hypothèse selon laquelle ces cellules initiant les métastases et les cellules de la tumeur primaire se ressemblent génétiquement, sur laquelle se basaient jusqu'à aujourd'hui de nombreuses thérapies, a ainsi été réfutée chez ces patients. Ceci permet aux médecins d'envisager une nouvelle possibilité thérapeutique dans le cas de carcinomes de l'oesophage.
Pour certaines formes de cancer de l'oesophage, par exemple, le médicament Trastuzumab, appelé couramment herceptine, employé dans des thérapies contre le cancer du sein en Europe depuis 2006, représenterait une option de traitement intéressante pour quelques patients. Le principe actif agit sur l'oncogène HER2 [1] de la cellule tumorale, dont la mutation favorise l'apparition de la maladie, et ce dans de nombreux types de cancers.
En résumé, l'étude montre qu'il est possible d'estimer le déroulement de la maladie et d'identifier la thérapie adaptée en étudiant les cellules précurseurs, futures métastases, dans les ganglions lymphatiques et la moelle osseuse, même si les scientifiques ne remettent pas en cause l'intérêt d'analyser la tumeur primaire. Ils affirment également l'importance de s'intéresser à la dynamique de l'évolution de la diffusion des cellules tumorales par des études cliniques, afin de collecter plus d'informations sur la prévention de la formation des métastases.