Un nouveau rapport publié par l'Institut polaire norvégien vient de confirmer que les espèce situées en haut de la chaîne alimentaire maritime arctique ont des niveaux plus élevés de mercure que les animaux situés plus bas dans la chaîne alimentaire.
Le rapport est basé sur des études de mercure des chaînes alimentaires marines du Kongsfjorden (Svalbard) menée par des scientifiques de l'Institut polaire norvégien. Douze différentes espèces, situées à différents niveaux dans la chaîne alimentaire marine, ont été recueillies et analysées afin d'y étudier la présence de mercure, de méthyle mercure et d'isotopes stables.
Le rapport montre que les oiseaux comme le goéland bourgmestre et le pétrel fulmar, situés dans le niveau supérieur de la chaîne alimentaire, ont des niveaux plus élevés de mercure que la morue polaire et que les petits crustacés. Dans le zooplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire, aucune trace de mercure n'a été retrouvée. Par contre, certains types de mercure ont été retrouvés dans la morue polaire, située un niveau au-dessus de zooplancton dans la chaîne alimentaire. Quant aux analyses menées sur le goéland bourgmestre et le pétrel fulmar, situés au sommet de la chaîne alimentaire, elles ont montré les niveaux les plus élevés de concentration de mercure. L'étude démontre clairement une corrélation entre les concentrations de mercure dans les espèces étudiées et leur niveau respectif dans la chaîne alimentaire.
L'étude menée dans le Kongsfjorden est la continuation d'une étude similaire conduite dans la même région il y a une dizaine d'année, avec des résultats similaires des niveaux élevés de mercure au sommet de la chaîne alimentaire marine. D'autre part, les niveaux de mercure dans les oiseaux de mer du Kongsfjorden semblent être inchangés depuis les années 1990. "Quand bien même le niveau de mercure des oiseaux de mer n'a pas changé en dix ans, il est toujours important de continuer à le suivre", a déclaré le scientifique Geir Wing Gabrielsen de l'Institut polaire norvégien, responsable de l'étude.
Les espèces analysées lors de cette étude sont le goéland bourgmestre, le pétrel fulmar, la mouette tridactyle, guillemot de Brünnich, le petit pingouin, le cabillaud polaire, le hareng, le capelan et les espèces de zooplancton Themisto libellula, Meganyctiphanes norvegica, Thysanoessa inermis et Calanus hyperboreus. L'étude est la première de son genre étudiant les rapports de méthyle mercure au niveau des oiseaux de mer de la mer de Barents.
Le projet est financé par le Conseil norvégien de lutte contre la pollution, allocation Arktisk (Institut polaire norvégien) et le Centre Amundsen.