Une trentaine de sociétés étrangères et norvégiennes attendent beaucoup de la chasse à l'or qui vient de s'engager au Finnmark. "On pense que la région du Finnmark est intéressante, surtout pour le nickel et l'or", indique le directeur de Store Norske Gull, Robert Hermansen, qui précise que l'on a réalisé fort peu de prospection côté norvégien près des zones frontières (suédoises et finlandaises) où l'on a trouvé d'importants gisements. "Cela fait plus de 100 ans que l'on cherche de l'or dans le Nord. On en a trouvé à plusieurs endroits, dans le sable des rivières et dans les moraines, maintenant on recherche la source dans les montagnes", déclare-t-il. "Nous savons que nous sommes prêts de la source. Avec de la chance, nous pourrons la trouver cette année".
M. Hermansen, qui a pris sa retraite au début de l'année après de nombreuses années à la tête de Store Norske Spitsbergen Kulkompani au Svalbard, est l'un des meilleurs experts en géologie et industrie minière. Il a accepté de participer à la mise en exploitation d'une nouvelle mine. "Cette année, Store Norske va investir environ 40 millions NOK (5 millions d'euros) dans la recherche en Norvège continentale. Un certain nombre d'autres sociétés investissent aussi beaucoup. Le rythme s'accélère grâce à l'augmentation du prix des métaux".
Store Norske Gull effectue des recherches d'or à proximité de Karasjok. Ils cherchent aussi du nickel à proximité de Senja. Depuis longtemps, la région a été cartographiée par NGU (Norges Geologiske Undersøkelse) et l'on espère maintenant être à proximité des sources. "Ces dernières années, l'intérêt pour la recherche de métaux a fortement augmenté. On accélère le rythme du recensement des minéraux et des graviers. Dans le même temps, on réalise un grand projet de recherche pour recenser la géothermie dans tout le pays. Quant aux métaux, c'est le Finnmark qui a le plus gros potentiel", indique le géophysicien Odleiv Olesen de NGU.
L'activité minière a été à la base du développement industriel de la Norvège. Pendant des siècles, il a été extrait du cuivre, du fer et d'autres métaux, mais il y a une vingtaine d'années les mines ont dû passer la main à cause de prix fort bas et de faibles concentrations. Ces dernières années, les prix des matières premières ont atteint des niveaux records et l'intérêt pour les mines norvégiennes est vite réapparu. Par contre, il ne s'agit pas de métaux traditionnels. Ce sont d'autres métaux, en particulier les métaux industriels qui intéressent.
Per Zakken, ingénieur minier, enregistre un intérêt accru pour la recherche également au sud du pays. "Dans l'Østland, on recherche du molybdène et du nickel. L'an passé, on y a investi 100 millions NOK (12,5 millions d'euros). Cette année ce sera nettement plus. Cuivre, or, fer, nickel, molybdène et thorium sont les plus intéressants et on recherche aussi du platine". M. Zakken pense que la première mine qui sera ouverte sera au Sør-Varanger où une société va reprendre l'exploitation d'une mine de fer. Il se peut qu'il y ait aussi une mine d'or à Bindal, au Nordland.
M. Hermansen est d'avis que les hommes politiques norvégiens devraient s'intéresser d'un peu plus près aux ressources naturelles enfouies dans les montagnes norvégiennes. "Même si les géologues ont une bonne vue d'ensemble de la géologie norvégienne, il est besoin de recherches plus détaillées/minutieuses pour trouver où sont les gisements intéressants de minerais et de métaux industriels. Il faut des moyens importants pour exploiter ces ressources dans un des pays les plus chers au monde et on a besoin de capitaux "patients", avance Hermansen, qui précise combien la Norvège a réalisé peu de recherches contrairement à ses voisins.