La Fondation fédérale allemande de l'environnement (DBU) finance à hauteur de 280.000 euros un projet de recherche sur le houblon, avec pour but une réduction de l'utilisation d'insecticides qui bénficiera à la fois à l'environnement et aux producteurs de houblon. Le premier objectif du projet est de déterminer à quelles conditions une quantité limitée de pucerons peut être tolérée sur la plante. Le second est le développement de variétés résistantes à ce ravageur. Les expériences sont menées par le Centre de recherche sur le houblon, rattaché à l'Office bavarois de l'agriculture (LfL), en collaboration avec la Société pour la recherche sur le houblon (GfH) et des entreprises régionales productrices de houblon. Ces dernières mettent des secteurs de leurs houblonnières à disposition du projet et participent aux essais.
Les inflorescences femelles (cônes) du houblon confèrent à la bière son goût légèrement amer. Afin de garantir la qualité de leur produit et ne sachant pas précisément quelles sont les conséquences de la présence d'insectes, les brasseurs exigent des inflorescences de houblon totalement dépourvues de pucerons. C'est pourquoi les cultivateurs traitent généralement préventivement les plantes à l'aide d'insecticides chimiques synthétiques, aux dépends de l'environnement. Selon Bernhard Engelhard, chef du Centre de recherche sur le houblon, ce traitement est, en réalité, souvent superflu. En effet, les attaques de pucerons n'ont pas d'effet sur certaines variétés.
Le projet qu'il dirige a donc deux objectifs. "D'une part, nous voulons déterminer à quelles conditions un certain nombre de pucerons par inflorescence et par feuille peut être toléré - en fonction de la variété de houblon, du stade de croissance, et du temps restant jusqu'à la récolte et, bien sûr, sans que la récolte ne perde en qualité", explique Engelhard. Ce travail doit aboutir à une représentation schématique des propriétés des variétés permettant d'évaluer l'effet d'une attaque pour différentes sortes. Ceci pourra constituer un outil d'aide à la décision pour les cultivateurs, afin de déterminer si un traitement se justifie ou non. "D'autre part, nous souhaitons développer et standardiser un test de laboratoire déterminant la sensibilité des variétés de houblon aux pucerons", poursuit-il. Ceci permettrait d'étudier les variétés et les souches de houblon pour aider à sélectionner les semences de plantes résistantes.
L'Allemagne compte 1.500 entreprises productrices de houblon, qui le cultivent sur une surface totale de 18.500 ha. La production allemande représente un tiers de la demande mondiale. Comme le précise le Dr. Brickwedde, secrétaire général de la DBU, les cultivateurs ne disposent pas de conseils précis pour réduire leur utilisation d'insecticides. Ce nouveau projet devrait permettre d'aller dans le sens d'une diminution des intrants, qui s'avère urgente. Ceci pourrait profiter non seulement à l'environnement mais également aux houblonnières allemandes elles-mêmes, qui exportent 70% de leur récolte à l'étranger. En économisant des coûts de production, elles pourraient en effet gagner en compétitivité.