La période des tomates juteuses bat son plein. Pendant toute la saison, les saladiers se rempliront des délicieux fruits venus de serres de producteurs ou de potagers privés. Si tout va bien, les tomates rouges et rondes empliront l'atmosphère d'un parfum de soleil d'été. Si tout va bien seulement, car les tomates européennes sont menacées depuis 1999 par le virus de la mosaïque du pépino (VMpép). Les plants atteints affichent un arrêt de croissance, des taches et des lésions sur les feuilles et les tiges, produisent des fruits à l'apparence marbrée et pire, voient leur production chuter.
En collaboration avec des chercheurs de 16 autres pays européens, des chercheurs de la Faculté des Sciences Agricoles de l'Université d'Aarhus participent au projet PEPEIRA qui aborde le problème du VMpép sous plusieurs angles. L'équipe danoise s'est concentrée sur la transmission du virus par les graines. "Nous ne savions pas si le MVpép pouvait se propager par les graines, et si tel était le cas nous ignorions le taux de propagation. Avec l'aide d'autres laboratoires européens, nous avons donc mené des études très onéreuses sur la question" explique Steen Lykke Nielsen, chef de service à la Faculté de Sciences Agricoles.
M. Nielsen n'exagère pas quand il parle du prix de l'étude. 100.000 graines provenant de fruits infestés ont en effet été plantées dans une serre belge, donnant naissance à 87 870 plants de tomate. Les soupçons de transmission du virus par les graines ont ainsi pu être confirmés, même si le taux reste très faible.
Les graines ont été récoltées via une procédure approuvée par l'Initiative Internationale pour la Santé des Semences et ont été traitées par acide et enzymes. Elles ont ensuite été réparties dans des petites parcelles prévues pour contenir dix plants chacune, et mises sous serre ou sous bâche. Des échantillons de feuilles ont enfin été récoltés quatre à cinq semaines après la germination et transmis aux chercheurs afin d'y déceler le VMpép.
Les résultats de cette étude montrent que la transmission du virus aux graines s'accélère avec le temps. Ainsi 0,005% des graines récoltées au bout de 8 semaines sur des plants issus d'une graine affectée sont elles-mêmes touchées par le virus. Au bout de 15 semaines, elles sont plus de dix fois plus nombreuses, avec un taux de propagation de 0,057%. "Les conclusions sur la transmission aux graines du MVpép seront inscrites dans l'analyse des risques produite par le programme Pepeira. Elles représenteront l'un des principaux résultats du programme, et serviront aux autorités sanitaires européennes qui essayent de contrôler le virus" explique Steen Lykke Nielsen.
Steen Lykke Nielsen - Department of Integrated Pest Management, Faculty of Agricultural Sciences, University of Aarhus - email : SteenL.nielsen@agrsci.dk