Il y a plus de 20 ans, les scientifiques découvraient que le Soleil était soumis à des oscillations continues se manifestant par un système complexe de vagues en surface de l'étoile. Baptisés "tremblements de soleil", ces phénomènes ont donné naissance à une nouvelle branche de l'astrophysique : l'hélioséismologie.
Une oreille entraînée peut reconnaître la forme et le type d'un instrument de musique par le son qu'il produit. Les géologues se servent des observations sismiques pour mieux comprendre les mécanismes géologiques terrestres. De la même façon, les hélioséismologues ont tenté depuis quelques décennies d'établir avec précision l'état des lieux du fonctionnement et de la composition interne du Soleil, qu'on ne peut observer de façon directe.
Mais la cause et le fonctionnement général de ces tremblements de Soleil restent encore mal compris et l'hélioséismologie n'en est qu'à ses balbutiements et à ses premiers résultats. Ainsi, Christoffer Karoff, doctorant au Service de physique et d'astronomie de l'Université d'Aarhus vient de démontrer en collaboration avec son équipe, menée par le professeur Hans Kjeldsen, que des éruptions de plasma en surface peuvent faire vibrer l'ensemble de l'étoile.
C'est le même phénomène que l'on observe parfois lorsque la Terre est frappée par un tsunami. Le dimanche 26 décembre 2004, la planète avait légèrement vibré sur son axe, engendrant un déplacement de celui-ci de quelques centimètres. L'hypothèse de tsunamis solaires causés par des éruptions de plasma a été théoriquement avancée en 1972, mais le phénomène n'a pu être confirmé que grâce à l'apport des méthodes de l'hélioséismologie.
La communauté scientifique estimait jusqu'à présent que les oscillations du Soleil n'étaient causées que par de puissants mouvements de masses gazeuses dans les couches externes de l'étoile. Elle sait à présent que des phénomènes violents, mais à l'étalement spatial limité, peuvent aussi faire vibrer toute notre étoile.