Des chercheurs du Laboratoire de capteurs chimiques de l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg ont mis au point une "langue électronique" permettant de tester le goût des aliments. Il s'agit d'une technologie capable, par exemple dans le cas de la tomate qui a été testé, de déterminer sa variété ainsi que plusieurs de ses qualités gustatives, sans aucune préparation préalable de l'échantillon.
La "langue électronique" est un système composé d'un grand nombre de capteurs non spécifiques mais ayant une activité croisée, destiné à analyser des solutions complexes. Chaque capteur réagit à tous les composants du mélange analysé, mais à des degrés divers, selon les composants. Un algorithme particulier permet, en fonction des résultats des mesures, de créer une "image" de l'objet analysé et de comparer celle-ci avec une image-étalon, dont les caractéristiques sont connues d'avance. Il s'agit du calibrage, non pas d'une substance concrète, mais d'une sélection de substances formant le goût. Le terme de "langue" est parfaitement justifié, car l'appareil, tout comme l'homme, opère une reconnaissance globale, sans distinguer l'apport de chacun des différents ingrédients formant le goût du produit.
Cette orientation de la chimie analytique connaît ces dernières années un développement particulièrement intensif. L'objectif, notamment, consiste à identifier le goût des produits alimentaires, car une bonne méthode reposant sur un appareil est tout à la fois moins onéreuse, plus rapide et plus fiable que le recours à des dégustateurs. Les chercheurs pétersbourgeois ont d'ailleurs remporté un concours organisé par l'Université catholique de Louvain (Belgique) face à la société française Alpha MOS (Toulouse) qui commercialise déjà ce genre de matériel.