Maurici Lucena : depuis le 1er juillet, c'est le nom du nouveau président de l'Agence Spatiale Européenne ESA pour les deux années à venir. Ce jeune économiste barcelonais de 32 ans, formé à l'Université Pompeu Fabra (celle du Reactable, cf. ce numéro du BE), n'est pas né avec la passion de l'espace mais a découvert ce domaine par ses fonctions de directeur général du CDTI, Centro para el Desarollo Tecnológico e Industrial, qu'il occupait jusqu'alors depuis 2004. Le défi qu'il affirme avoir à relever : trouver le subtil équilibre entre les deux grandes priorités de l'agence que sont son programme scientifique de renom et le service au citoyen à travers la navigation par satellite (programme Galiléo), les satellites d'observation de la Terre ou de météorologie. La crise économique que commence à ressentir l'Europe ne lui fait pas tant craindre pour le programme scientifique que pour le programme Galiléo.
L'Espagne est actuellement le cinquième contributeur de l'ESA après la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni avec une participation de 206 millions d'euros, soit 8% du budget total de l'agence. Son poids est allé augmentant ces dernières années : en 2003, elle n'avait contribué que pour 120 millions.
789 : c'est le nombre d'Espagnols inscrits avec 7 624 autres candidats pour succéder à leur compatriote Pere Duque, le premier et unique astronaute espagnol à ce jour. L'ESA n'avait plus ouvert d'appel à candidature depuis 1992. Ces Espagnols et leur 1 860 homologues français ou 1 798 allemands, au total des candidats de 17 pays différents (16% seulement de filles), devront subir un certain nombre d'étapes de sélection pour n'être plus au bout du compte que huit : quatre titulaires et quatre suppléants. Le groupe sera constitué d'ici un an et entamera alors sa longue formation d'astronautes.