Le 20 octobre 2007, Pasqual Maragall, ancien maire de Barcelone (1982 à 1997) à l'époque des Jeux olympiques et précédent président de la Catalogne (2003 à 2007) annonçait à la presse qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer et qu'il allait consacrer une part importante de son temps à promouvoir la recherche sur cette maladie. Cette annonce a marqué les esprits en Catalogne mais également en Espagne et nombreux ont été les messages de soutien et d'encouragements venus de tous les bords politiques et adressé à M. Maragall. Celui-ci déclara "Nous avons fait les Jeux Olympiques de Barcelone de 1992, nous avons approuvé et ratifié 'le Statut' (le nouveau statut d'autonomie de la Catalogne négocié sous sa présidence en 2007) et maintenant nous irons vers Alzheimer". Sa volonté s'est concrétisée par la présentation le 19 juin dernier, de la Fondation Pasqual Maragall pour la recherche sur Alzheimer, destinée à soutenir la recherche scientifique dans l'optique de poursuivre la prévention et la guérison de la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies neurodégénératives.
Avec un budget estimé à 15 millions d'euros annuels sur une durée de 10 ans, la Fondation souhaite faire de Barcelone la capitale mondiale de la lutte contre la maladie d'Alzheimer. A l'aide du fond Alzheimer international de la Fondation Pasqual Maragall, la fondation désire mettre en place dans un délai de trois ans, un centre de recherche dirigé par un comité scientifique international qui donnera un appui financier à de jeunes chercheurs internationaux pour développer des projets de recherche ambitieux. Leur mission sera de trouver de nouvelles technologies permettant le diagnostic précoce et le traitement des maladies dégénératives.
Un cas récent de progrès en la matière est un kit de diagnostic de la maladie d'Alzheimer mis au point par Araclon Biotech après plusieurs années de recherche. Celui-ci sera commercialisé, en Espagne, en 2009 et au niveau mondial, en 2010. Grâce à ce test basé sur une analyse sanguine, il sera possible de déterminer si un individu est porteur ou non de la maladie dès l'apparition des premiers symptômes de perte de mémoire. Ce test sera bien plus efficace que les méthodes de dépistage traditionnelles d'Alzheimer reposant sur des tests cognitifs ou des ponctions lombaires et dont le diagnostic n'est pas fiable à 100%.
L'autopsie du cerveau d'un malade d'Alzheimer révèle deux types de lésions : les plaques séniles et les dégénérescences neurofibrillaires. La dégénérescence est la conséquence de l'agrégation d'une protéine Tau microtubulaire anormalement phosphorylée. Les plaques séniles quant à elles, sont des amas insolubles et neurotoxiques, résultats de l'accumulation d'un peptide de 40 à 42 acides aminés appelé bêta-amyloïde. Certains fragments de plaques peuvent ensuite se retrouver dans le sang, ce qui est à la base du test mis au point par Araclon Biotech qui détectera les fragments de la protéine bêta-amyloïde 1-40 et 1-42 avec un seuil de détection annoncé inférieur à 1pg/mL. Le kit a été breveté et se trouve actuellement en phase de validation pour sa commercialisation. Les résultats devraient être rendus publics fin 2008.
La société Araclon Biotech a été créée en 2004, à l'initiative de l'équipe de recherche du laboratoire de neurobiologie de l'Université de Saragosse, dirigée par le chercheur Manuel Sarasa qui est aussi le directeur scientifique de l'entreprise. La société dispose aussi d'un laboratoire au sein du Centro de Investigación Biomédica de La Rioja (CIBIR) oeuvrant dans la R&D en sciences de la santé, notamment dans la recherche biomédicale et oncologique. La société a reçu le soutien des gouvernements de l'Aragon et de la Rioja qui ont versé 8 millions d'euros pour la R&D jusqu'en 2010. La société Araclon Biotech est spécialisée dans la R&D sur des thérapies et des méthodes de diagnostics de maladies dégénératives, en particulier Alzheimer. Araclon Biotech travaille actuellement sur un vaccin contre Alzheimer. Ce vaccin a été testé sur des animaux et la société espère faire les tests cliniques en 2010.