5,2 millions d'internautes du monde entier mettent leur ordinateur à disposition du projet SETI@home du laboratoire de sciences spatiales de l'université californienne de Berkeley. L'idée qui a pris corps en mai 1999 : profiter des temps morts de l'ordinateur allumé pour qu'il apporte sa modeste puissance de calcul aux traitements de signaux radios captés par des télescopes afin de voir si débarrassés des bruits électroniques de toute sorte et des signaux d'origine humaine, les signaux "nettoyés" ne pourraient pas révéler l'existence d'une technologie extraterrestre. Aucune technologie extraterrestre détectée jusqu'à présent mais les 480 Teraflops de puissance de calcul générés pour l'occasion par ce réseau de millions de PC domestiques ont donné des idées : le CSIS - le CNRS espagnol - en collaboration avec le CIEMAT, le Centro de Investigaciones Energéticas, Medioambientales y Tecnológicas ainsi que les mairies de Saragosse et Madrid, lancent le programme Ibercivis afin de créer sur le même principe, une puissance de calcul destinée à trois projets de recherche : un en physique nucléaire sur les plasmas de fusion, un en biologie moléculaire sur des principes anticancéreux et un troisième enfin, en physique des matériaux sur des simulations de structure de verres magnétiques.
Mode d'emploi : s'inscrire en ligne et télécharger l'application Boinc, celle-la même développée pour le projet SETI@home. L'utilisateur n'a alors plus à se préoccuper de rien : lors des temps morts, l'ordinateur récupère, traite et renvoie automatiquement les données d'un des trois projets de recherche et une simple touche appuyée ou la souris déplacée et l'internaute reprend la main à tout instant.
L'objectif : réunir 100.000 volontaires d'ici la fin de l'année et si le succès est au rendez-vous, rajouter cinq autres projets de recherche. Les succès de SETI@home et d'un premier projet expérimental développé auparavant à Saragosse, le projet Zivis, incitent à l'optimisme.