"Si les Espagnols êtes si bons en football, pourquoi ne le serez-vous pas en éducation ?" interrogeait et encourageait quelques jours avant la finale de la coupe d'Europe, le commissaire européen de l'éducation, Jan Figel, venu à Madrid le 26 juin dernier assister en compagnie de la ministre de Science et d'Innovation, Mme Garmendia, à la présentation du rapport 2007 de la fondation CyD (Conocimiento y Desarollo - Connaissance et Développement, [1]) sur les universités espagnoles.
Depuis, les Espagnols ont confirmé leur talent footballistique en remportant la finale contre l'Allemagne. Du côté de l'enseignement supérieur, ils se font forts, selon leur ministre, de placer les universités espagnoles - 71 à ce jour, dont 23 privées, 1,5 million d'étudiants dont 90% dans le public - parmi les meilleures du monde à l'horizon 2015.
Qu'en est-il en 2008 ? Le fameux classement de Shanghai donne l'Université de Barcelone comme première université espagnole (située au rang 57-80 au niveau européen et 151-202 au niveau mondial), l'Université Autónoma de Madrid, la Complutense de Madrid et l'université de Valence arrivant quant à elles en deuxième position (rang 81-123 au niveau européen et 203-304 au niveau mondial).
En interne, le rapport de la fondation CyD établi sur la base de données de 2004-2005 [2] procède à une analyse minutieuse de l'état des universités espagnoles. Des différents classements qui sont établis, relevons par exemple :
-> en dépense par étudiant (universités publiques) : 1) U. publique de Navarre (7130 euros, à comparer aux 8630 euros que coûtait en 2004 un étudiant français, en moyennant sur les universités, les IUT et les Grandes Ecoles), 2) U. Pompeu Fabra (Barcelone), 3) U. Politècnica de Catalunya (principalement à Barcelone), 4) U. Autònoma de Barcelona, 5) U. Autónoma de Madrid (5570 euros)
-> en publication par enseignant : 1) U. de Navarre (privée), 2) U. Autònoma de Barcelona, 3) U. de Barcelona, 4) U. Autónoma de Madrid, 5) U. de Saint-Jacques de Compostelle
En synthèse, le rapport remarque l'Université publique de Navarre pour son attractivité auprès des étudiants, l'université publique de Navarre et l'université Pompeu Fabra pour la qualité de leur enseignement, l'U. Polytechnique de Catalogne, l'Université de Barcelone, celle de Salamanque et celle de Saint-Jacques de Compostelle pour la qualité des doctorats et enfin l'Université Autonome de Madrid et l'Université de Barcelone pour la qualité de la recherche.
Si l'on regarde un autre classement, celui confectionné par le quotidien El Mundo, la livraison 2007-2008 en date de mai 2007, donne [3] : 1) U. Politécnica de Madrid, 2) U. Complutense de Madrid, 3) U. Pompeu Fabra, 4) U. Autónoma de Barcelona, 5) U. Politécnica de Catalunya, 6) U. de Barcelona, 7) U. Autónoma de Madrid, 8) U. de Navarra, 9) U. Alicante, 10) U. Carlos III (Madrid).
Ce classement a été obtenu de la façon suivante : pour chacune des 50 formations les plus demandées, les 5 meilleures universités dispensant cette formation ont été classées de 1 à 5 à partir de questionnaires et d'enquêtes. Le classement général est obtenu en comptabilisant pour chaque université le nombre de premières places obtenues. On remarquera que si les 50 classements par discipline peuvent avoir tous leur sens, le classement général qui agrège des informations disparates est plus discutable.
Quoiqu'il en soit, quelque soit le type de classement(s), Shanghai, fondation CyD ou El Mundo, il apparaît que les universités de Madrid et Barcelone ont tendance à se partager les honneurs. Pour être au rendez-vous de 2015 fixé par la Ministre, du côté des universités publiques des choix financiers seront certainement à faire par l'Etat et les Régions, et si l'excellence en recherche ou en enseignement est le seul critère, les 17 communautés autonomes ne seront pas logées à la même enseigne.