Fin février, l'Insitut de Génétique et Physiologie Moléculaire (UMFG SAV) de l'Académie Slovaque des Sciences (SAV) a organisé le congrès annuel des membres du projet CONTICA. Il a été l'occasion d'une conférence de presse présentant le projet CONTICA à laquelle ont participé M. Pieske, coordinateur du projet, éminent médecin-chercheur allemand, directeur du département de Cardiologie de l'Université de Médecine Graz en Autriche, M. Ivan Zahradnik, Vice Président de SAV et chercheur à UMFG SAV et Mme Alaxendra Zahradnikova, de UMFG, organisatrice principale du congrès et chef de projet pour l'équipe slovaque impliquée dans le projet CONICA.
Le projet CONTICA (Control of Intracellular Calcium and Arrhytmias) est né en 2005 dans le cadre du 6ème Programme Cadre Européen. C'est un projet STREP orienté vers la recherche de solution pour les porblèmes de trouble du rythme cardiaque.
La mort soudaine due à un problème cardiaque est souvent relayée dans les médias lorsqu'une personne jeune, apparemment en bonne santé et très souvent pratiquant un sport de haut niveau, décède. C'est un problème bien connu par des médecins mais pour lequel la recherche de solutions demande des investissements en temps et en fonds très importants qui ne peuvent être supportés individuellement par les pays. L'appel à projets lancé par l'Union Européenne a pour but de mobiliser les chercheurs européens sur cette question.
L'UMFG SAV, l'institut de la SAV qui est impliqué dans ce projet CONTICA, est unique : dans ses laboratoires sont étudiées à la fois les expérinces et la théorie. Les projets menés dans cet institut lient théorie et expérimentation avec la pratique. Ils permettent à la fois de comprendre les mécanismes mais doivent aussi impérativement parvenir à des solutions pratiques.
Dans le cas du projet CONTICA, ce n'est pas seulement la compréhension du mécanisme de la maladie qui est en jeu mais c'est également l'amélioration du diagnostique et des actions thérapeutiques. Plus précisément, le laboratoire slovaque est impliqué dans les travaux de recherche portant sur les mécanismes fondamentaux des fonctions des protéines des cellules cardiaques qui permettent le battement régulier du coeur.
Afin de replacer le contexte dans lequel s'inscrit le projet CONTICA, le coordinateur du projet, M. Pieske, a rappelé aux journalistes présents à la conférence de presse qu'il est généralement admis qu'en Europe, comme en Slovaquie, 50% des personnes décèdent de maladies cardio-vasculaires. C'est un problème tant du point de vue médical qu'économique. Selon ces statistiques européennes, 200.000 slovaques pourraient souffrir de défaillance cardiaque. Un problème majeur est que la pluspart de ces personnes ne meurent pas de défaillance cardiaque, c'est à dire d'une diminution de la puissance du coeur, mais sont plutôt victime d'une mort soudaine due à une arhytmie cardiaque. Il n'existe malheureusement pas de thérapie réllement bonne. Un autre aspect particulier, et donc à étudier, de la mort soudaine cardiaque est l'existence de deux groupes de victimes : le premier constitué de personnes agées ; le second, de personnes jeunes, en bonne santé, sportives descendants des mêmes causes que celles des personnes du premier groupe.
Les investigateurs du projet CONTICA forment une équipe pluridisciplinaire composées de cardiologues, de biologistes moléculaires, biophysiciens et de physiologistes ayant des intérets et des expertises reconnues dans le domaine de l'étude du rôle du calcium dans les arhytmies. Les résultats des recherches actuelles suggèrent que les troubles du rhytme cardiaque suceptibles d'être mortels proviennent d'un défaut de mobilité du calcium à l'intérieur des cellules cardiaques. Le rôle essentiel dans ce processus est joué par la protéine RYR2 qui forme un chenal contrôlé pour le flux des ions calcium. La compréhension des propriétés complexes de cette protéine mènera certainement au développement de nouveaux diagnostiques et de nouvelles stratégies thérapeutiques pour un traitement efficace des arhytmies mortelles.
Le projet CONTICA doit se finir à la fin de l'année 2009. Jusqu'à cette date, un but thérapeutique a été défini. C'est à dire que des composés chimiques qui affectent les fonctions de cette protéine peuvent être testés au niveau de modèles animaux et au niveau cellulaire. Si le composé donne des résultats satisfaisants à ces niveaux, et qu'il est efficace comme traitement des arhytmies, il est prévu de rechercher les meilleurs partenaires capable de développer, tester et certifier ce nouveau médicament. Le processus entier, de la recherche à l'usage pratique, prend de 5 à 10 ans.