Les galaxies sont constituées d'étoiles, de gaz et de poussière, et leur luminosité provient principalement de l'émission thermique de ces constituants. Cependant, certaines de ces galaxies présentent une région nucléaire très lumineuse, caractérisée par un phénomène extrêmement énergétique. De tels noyaux sont appelés Noyaux Actifs de Galaxies (NAG), et leurs galaxies-hôtes sont dites actives. Le modèle d'unification des NAG propose que ces différents types correspondent au même phénomène physique, provenant de la chute de matière sur un trou noir central supermassif, et que les différences observées proviendraient d'un effet d'orientation.
Une équipe de chercheurs dirigée par le docteur LIM Jeremy de l'Institut d'Astronomie et d'Astrophysique (ASIAA) de l'Academia Sinica s'est penchée sur le mécanisme de transport de la matière alimentant le disque d'accrétion, qui, bien que connu pour les quasars et radiogalaxies, demeure un mystère pour les galaxies spirales de type Seyfert. Ces galaxies sont caractérisées par un noyau extrêmement brillant et par un spectre présentant des raies d'émission très brillantes pour l'hydrogène, l'hélium, l'azote et l'oxygène.
L'équipe a, dans cette étude, exploré les propriétés de la distribution et de la cinématique bidimensionnelle de l'hydrogène ionisé et des étoiles dans 23 galaxies de morphologie correspondante dont 18 sont actives de type Seyfert présentant une région nucléaire très lumineuse et 5 inactives. Les scientifiques ont observé que 5 des galaxies de type Seyfert sont perturbées en lumière visible alors que la quasi-totalité (17) montrent des perturbations morphologiques, mais aussi cinématiques par l'étude de leurs raies d'émission de l'hydrogène ionisé. Dans deux cas sur trois, et probablement sur les 17 cas observés, les perturbations observées se calquent sur les interactions dues aux forces de marée engendrées par des galaxies voisines situées à une distance inférieure à 100 kiloparsec et une vitesse radiale inférieure à 100 km/s.
Une seconde étude de cette même équipe montre que seul 15% d'un ensemble de galaxies inactives de morphologie équivalente présentent des perturbations comparables dans l'hydrogène ionisé. Ces résultats suggèrent deux points : 1. la majorité des galaxies de type Seyfert présentant une région nucléaire très lumineuse ont été soumises à des forces de marée dans un passé récent, 2. dans la plupart de ces cas, ces interactions impliqueraient un lien étroit entre les perturbations gazeuses et l'activité nucléaire dans les galaxies de type Seyfert.
Ces travaux ont été publiés dans le volume 679 de la revue en ligne "The Astrophysical Journal" du 1er juin 2008.