Une équipe taiwanaise de chercheurs des universités nationales de Taiwan, Yang-Ming, Cheng-Kung et Dong Hwa ainsi que de l'Academia Sinica a identifié une molécule ciblée par le virus de la dengue hémorragique, une complication potentiellement mortelle de la dengue.
La dengue est une infection virale qui se caractérise par une brusque montée de fièvre et des maux de tête douloureux. Transmise par les piqûres de moustiques, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'entre 50 et 100 millions de personnes sont infectées par ce virus dans le monde chaque année. Entre 200.000 et 500.000 personnes souffrent de la forme hémorragique, qui tue 20.000 personnes par an. Il n'y a pour l'instant ni traitement préventif, ni traitement curatif de la dengue.
Les résultats, publiés dans la revue scientifique en ligne "Nature", montrent que le virus détourne le récepteur CLEC5A, une protéine de type lectine, pour qu'il déclenche la libération anormalement vive de cytokines. La sécrétion de ces molécules est si brutale et importante qu'au lieu de réguler l'inflammation elle provoque des défaillances organiques qui peuvent s'avérer parfois mortelles.
En utilisant des anticorps pour bloquer l'interaction entre le récepteur CLEC5A et le virus de la dengue sur des souris de laboratoires, aucune défaillance organique ne s'est produite et la réponse immunitaire face au virus n'en a pas été affectée, permettant de réduire le taux de mortalité des rongeurs de 50%. La capacité de pouvoir contrôler les inflammations tout en maintenant une réponse immunitaire fait de ces résultats une piste intéressante pour le développement de traitements contre le virus de la dengue.