Quel est le taux de réussite de la science slovène ? La réponse à cette question dépend du point de vue d'où l'on se place : les résultats statistiques constituent cependant assurément un des critères les plus sûrs. A en juger ceux concernant le travail de l'un des plus grands instituts slovènes (Institut Jozef Stefan, IJS), la science se porte étonnement bien en Slovénie et ce malgré les violentes critiques des chercheurs à l'encontre de la politique actuelle dans ce domaine.
Le directeur de l'Institut, dont les résultats ont été récemment publiés sur son site, avoue lui-même être le premier surpris par leur excellence et ne cache pas la fierté qu'il en tire. Il faut souligner que la grande taille de l'Institut lui épargne les fluctuations notables de résultats dont sont ordinairement victimes les instituts plus petits. Ces résultats sont donc garants d'une tendance positive solide.
Et que révèlent-ils sur le fonctionnement de l'Institut ces trois dernières années ? Ils sont très encourageants quant à la moyenne d'âge de son personnel qui s'est sensiblement rajeuni. Le nombre des chercheurs plus âgés n'a augmenté que de 3%, tandis que le nombre de ceux inclus dans les programmes dits de "jeunes chercheurs" a augmenté de presque un tiers. Le nombre d'employés occupant parallèlement un poste universitaire a lui aussi augmenté durant cette période de plus de la moitié. C'est ainsi qu'à la fin de l'année dernière les chercheurs de l'Institut étaient également porteurs de 344 matières universitaires et collaboraient à 361 matières supplémentaires.
L'un des indicateurs les plus révélateurs est à n'en pas douter le montant des revenus de l'Institut. S'il est vrai que la majorité d'entre eux proviennent du budget de l'Etat, force est de reconnaître que ce financement n'est pas automatiquement acquis et qu'il ne s'obtient que sur appels d'offres. Une grande partie des revenus de l'IJS vient pour l'essentiel des programmes européens et du privé. De 2004 à 2007, ils ont augmenté d'un tiers. Le taux de financement sur programmes a augmenté de 8,8% avec un même nombre d'heures de recherche.
Il est intéressant de voir qu'en raison de l'augmentation de la part des projets issus de ses propres activités (projets européens, projets pour le secteur privé et autres utilisateurs), l'IJS voit diminuer dans la globalité de ses revenus, la part financière des projets issus du secteur public : cette part s'appuie essentiellement sur les programmes financiers et les appels d'offres de l'Agence publique des activités de recherche (ARRS), passant de 28,4% en 2004 à 26,9% en 2007, alors que, par ailleurs, les revenus perçus par l'IJS dans le cadre de projets publics, ont connu durant cette période une augmentation de 14,8% (6% en réalité, compte tenu de l'inflation). A titre de comparaison, les dites activités propres de l'IJS (projets européens, projets pour le secteur privé et autres utilisateurs) ont connu une croissance de leurs revenus de 62,4%, soit une augmentation réelle de 53,6%.
Cette augmentation sensible du travail pour l'IJS n'a pas porté atteinte à la qualité scientifique de ce dernier à en juger le nombre des publications et des articles : un cinquième de publications en plus dans les revues citées dans le Word of science, le nombre d'articles a même augmenté de trois cinquièmes.
Ces excellents résultats ne doivent pourtant pas altérer les quelques ombres au tableau, notamment les inquiétudes que nourrit la direction de l'IJS envers un avenir proche : le gouvernement a accepté une augmentation des salaires (encore trop bas) des chercheurs sans la répercuter dans le coût de l'heure de recherche (qui est encore trop bas aussi) ; le prix des matériaux et des services augmentent monstrueusement. Selon le directeur de l'IJS, il faudra peut-être même par prudence freiner le développement de l'Institut ... Ce serait bien dommage!