Au cours de la dernière semaine de mars, l'Ambassade de Slovénie à Washington a organisé dans la capitale, en collaboration avec le Musée Smithsonian, un symposium assez retentissant sur le visionnaire slovène Harmann Potocnik Noordung, auquel auront participé près d'une centaine de personnes, notamment l'astronaute américaine d'origine slovéno-indienne Sunita Williams.
Le symposium était constitué de deux volets ou tables rondes. Le premier était consacré à la vie, l'oeuvre et les idées d'Hermann Potocnik, qui a publié ses oeuvres sur le voyage dans l'espace sous le pseudonyme de Noordung, le second portait sur les voyages spatiaux d'aujourd'hui et de demain.
A cette occasion, une exposition de Dunja Zupancic, de Miha Tursic et du metteur en scène slovène, à l'origine de la découverte de Noordung, Dragan Zivadinov était parallèlement organisée. Intitulée 8008, les difficultés du voyage dans l'espace, l'exposition présente l'oeuvre scientifique de Noordung, en reprenant le cadre structurel du spectacle avant-gardiste "50 ans de spectacle/Noordung : 1995-2045", dont les mêmes artistes répètent la tenue tous les 10 ans, aux mêmes date et heure. La dernière représentation aura lieu en 2045. Zivadinov affirme qu'il sera encore vivant et qu'il enverra en orbite terrestre 14 "Umbote", les erzatz technologiques des artistes.
Au cours de la 1ère table ronde, Zivadinov a décrit la vie de Noordung, de sa naissance à Pula en 1892 de parents slovènes à sa mort quelques mois seulement après la publication de son ouvrage Problème de voyage dans l'espace : le moteur de fusée. Noordung a été le premier à avoir esquissé les plans d'une station spatiale orbitale et d'un satellite géostationnaire. Il avait alors déjà prédit l'avenir de l'énergie atomique et de la propulsion photonique à une époque où le moyen de transport principal se réduisait à l'utilisation des attelages de chevaux.
On pouvait voir du beau monde parmi les participants à la table ronde qui s'est tenue dans les locaux rénovés de l'Ambassade de la République de Slovénie à Washington. Sur le thème de l'avenir des programmes spatiaux, à la suite de Sunita Williams, c'était au tour de John Longsdone, directeur de l'Institut de la politique spatiale de l'Université Georges Washington, de prendre la parole : selon lui, il ne faisait aucun doute que la recherche spatiale était devenue une affaire internationale. Le directeur de l'Agence Spatiale Européenne à Washington, Frederic Nordlund a abondé en ce sens, mentionnant entre autres la dernière mission de la navette Endeavour que des astronautes français et japonais ont piloté. La Station Spatiale Internationale (ISS) sera bientôt visitée par un vaisseau ravitailleur européen (sans pilote), la Russie y emmènera un nouvel équipage. Nordlund a confirmé que la Slovénie s'efforçait de devenir membre de l'Agence Spatiale Européenne qui compte actuellement 17 membres, et l'ambassadeur slovène, M. Zbonar, a précisé que cela devrait se produire le 11 mai prochain.
La seconde table ronde a entamé une réflexion sur les voyages spatiaux du physicien slovène Dusan Petrac, venu spécialement pour l'occasion de Los Angeles. Né en 1932 à Kropa, en Slovénie, Dusan Petrac s'est installé aux EU après avoir fini ses études de Physique à Ljubljana ; il y devient un des scientifiques les plus importants de la NASA. Il a notamment fait faire des économies colossales à l'Agence américaine au cours de la mise sur pied de son programme de satellites d'astronomie dans l'infrarouge en calculant la température adéquate au fonctionnement du détecteur à infrarouges des satellites.