Un groupe de chercheurs a décrit pour la première fois le rôle crucial joué par une enzyme impliquée dans l'infection du paludisme. Cette découverte a fait la couverture de la nouvelle revue du prestigieux groupe Cell, la revue Cell Host & Microbe. Cette étude a été réalisée par Sabrina Epiphanio et d'autres membres de l'unité sur l'étude de la malaria de l'Institut de Médecine Moléculaire (IMM) de Lisbonne, dirigée par Maria Mota, en collaboration avec Miguel Soares, de l'Institut Gulbenkian des Sciences (IGC) et de chercheurs nord-américains et allemands.
"L'infection du paludisme s'effectue en deux phases, une phase hépatique, qui est asymptomatique mais obligatoire et une autre, sanguine, durant laquelle surgissent les symptômes de la maladie" a expliqué Maria Mota. "L'année dernière, nous avons publié dans la revue Nature Medicine des résultats montrant que l'enzyme HO-1 (hème oxygénase-1) protégeait les rats de la forme la plus létale de la maladie, la malaria cérébrale, durant la phase sanguine" (voir BE Portugal 24, "Des chercheurs portugais stoppent la progression de la malaria cérébrale" [1]), a rappelé la chercheuse. Celle-ci ajouta : "quand nous étions en train de conduire cette étude, nous avons remarqué que les foies infectés par le paludisme durant la phase hépatique montraient une hausse de cette enzyme, ce qui nous a rendu perplexes, sans savoir très bien quel était le rôle de cette molécule de l'hôte durant la phase silencieuse de la maladie".
Selon Maria Mota, il a été montré qu'au cours de la phase initiale, durant sept jours chez l'homme, qui est totalement asymptomatique, "OH-1 protège le parasite de la réponse inflammatoire et l'aide à s'établir dans l'organisme hôte, jusqu'à ce que plus tardivement, une fois le parasite parvenu au sang et qu'apparaissent les premiers symptômes, l'enzyme agit comme un facteur de protection face aux symptomes les plus graves".
Cette étude révèle pour la première fois qu'une enzyme est essentielle pour l'établissement de la phase initiale et obligatoire pour l'initiation de la maladie. Le paludisme, maladie infectieuse qui se transmet par piqûre du moustique anophèle, ou rarement, par transfusions sanguines, est responsable de 1 à 3 millions de morts d'enfants tous les ans. Négligée pendant plusieurs années, la recherche sur cette maladie à repris de l'ampleur ces dernières années, comme au Portugal grâce aux groupes qui travaillent à l'institut d'Hygiène et de Médecine Tropicale, à l'IMM ou l'IGC.
- [1] "Des chercheurs portugais stoppent la progression de la malaria cérébrale", BE Portugal 24, 7 juin 2007 : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/43156.htm - "Heme Oxygenase-1 Is an Anti-Inflammatory Host Factor that Promotes Murine Plasmodium Liver Infection" Sabrina Epiphanio, Miguel P. Soares, Maria M. Mota et al. Cell Host & Microbe 3(5), 331-8. 15/05/2008 - http://www.cellhostandmicrobe.com/ - IMM : http://www.imm.ul.pt/ - IGC : http://www.igc.gulbenkian.pt/ - Maria Mota, Institut de Médecine Moléculaire (IMM) de la Faculté de Médecine de l'Université de Lisbonne - tél : +351 21 799 9509, fax : +351 21 799 9504 - email : mmota@fm.ul.pt