Le CSIR (Council for Scientific and Industrial Research) a mis au point une nouvelle suspension injectable qui permet l'expansion des tissus et induit leur régénération. Cette suspension présente divers domaines d'application concernant l'expansion des tissus mous, la première application visée étant le traitement du reflux gastro-oesophagien (RGO).
L'origine de ce trouble, qui affecte 3% de la population sud africaine, est un dysfonctionnement du sphincter entre l'estomac et l'oesophage, lequel laisse anormalement l'acidité gastrique refluer vers l'oesophage et provoquer des brûlures. Il peut induire une inflammation douloureuse de l'oesophage ou des lésions (oesophagite), augmentant le risque de cancer de l'oesophage. De nombreux malades souffrant de reflux gastro-oesophagien doivent s'astreindre à une médication lourde tout le restant de leur vie. Actuellement, le seul autre traitement possible est l'intervention de Nissen (ou laparoscopic fundoplication) qui en dehors de son caractère invasif présente le risque d'un nécessaire retour à la médication dans un délai de 10 ans après l'intervention pour 62% des patients traités.
Le chercheur Kersch Naidoo, qui a déposé une demande de brevet précise : " Nous avons développé une solution injectable de microsphères poreuses, biocompatibles et résorbables de polycaprolactone (PCL-bio polymère obtenu par transformation d'huile végétale). Ces microsphères sont injectées dans le muscle du sphincter du bas oesophage en utilisant une aiguille endoscopique.
Les microsphères induisent sur le court terme une expansion des tissus du muscle du sphincter, avec sur le long terme une régénération de ces derniers. Cette régénération est stimulée par l'incorporation d'un facteur de croissance tel que du plasma riche en plaquettes sanguines (platelet-rich plasma -PRP) dans la suspension et par la forme des microsphères. L'utilisation de cellules souches autologues ou de produits dérivés de ces cellules permettrait de rendre permanente la dilatation des tissus et de restaurer les fonctions du sphincter, pendant ce temps les microsphères de PCL, en se résorbant, servirait d'abri à la croissance des cellules.
Des tests de bio toxicité in vivo n'ayant pas révélé de toxicité, les chercheurs procèdent actuellement à des essais préalables d'efficacité in vivo.