L'équipe du docteur Cédric Blanpain de l'Institut de recherche interdisciplinaire en biologie humaine et moléculaire (IRIBHM) de l'Université Libre de Bruxelles (ULB)a découvert une protéine nommée Mesp1 permettant la différenciation de cellules souches en cellules cardiaques.
Les chercheurs de l'ULB ont élucidé les mécanismes moléculaires qui gouvernent la différenciation des cellules souches en diverses familles de cellules cardiaques (cellules contractiles, cellules vasculaires, cellules musculaires lisses...). Les mécanismes déclenchant la spécification de cellules plus primitives (appelées cellules progénitrices cardiovasculaires multipotentes), dont sont issues les différentes cellules cardiaques, étaient jusque là mal connus. La protéine Mesp1 est à l'origine de cette spécification, qui agit tel un "interrupteur moléculaire". Cette protéine permet très spécifiquement de réguler l'expression de l'ensemble des gènes nécessaires à la différenciation des cellules progénitrices cardiovasculaires. Elle augmenterait de plus de 500% la différenciation des cellules souches pluripotentes en cellules cardiaques et vasculaires. Le docteur Antoine Bondue précise que "lorsque nous observons les cellules dans lesquelles la protéine Mesp1 a été exprimée, toutes les cellules sont devenues des cellules cardiaques qui se contractent spontanément dans une boîte de Pétri".
Cette découverte est porteuse de nombreux espoirs thérapeutiques dans les prochains mois et années, d'après le docteur Blanpain. Elle devrait sans doute stimuler la thérapie cellulaire des patients souffrants de maladies cardiovasculaires et ouvrir la voie à la fabrication de cellules cardiaques directement à partir des cellules du patient. Les cellules classiques du patient sont transformées en cellules multipotentes (étape correspondante à une autre découverte rendue public il y a un an) qui sont différenciées en diverses lignées de cellules cardiaques pour reconstituer et réparer divers types de tissus.
Contraction de cellules cardiaques Crédits : ULB, courtoisie de C. Blanpain et A. Bondue
L'industrie pharmaceutique pourrait également tirer bénéfice de cette découverte pour le criblage de nouveaux médicaments actifs sur les cellules cardiovasculaires ainsi que pour tester la toxicité cardio-vasculaire de nouveaux médicaments. Dans le journal scientifique Cell Stem Cell, 16 pages sont consacrées aux résultats des travaux de l'équipe bruxelloise sur les cellules souches pluripotentes de l'embryon. Il faut noter que parallèlement une équipe américaine est arrivée à des résultats identiques de façon complètement indépendante.
L'IRIBHM est l'institut de recherche de la Faculté de Médecine de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). L'équipe du docteur Blanplain étudie le rôle des cellules souches dans un contexte oncologique (développement des tumeurs cutanées et des tumeurs mammaires) et développemental (biologie des cellules souches cardiaques). En février dernier, ce groupe de recherche avait obtenu des subventions, dont 1,4 million d'euros du Conseil Européen de la Recherche.