Les recherches du laboratoire d'immunologie et de vaccinologie de l'Université de Liège (ULg), parues à la une du "Journal of Virology", laissent présager une solution à court terme dans l'élaboration d'un vaccin contre l'herpèsvirus KHV.
Les recherches menées sur le KHV ont permis de réaliser des manipulations génétiques sur ce virus, c'est-à-dire de le cloner sous la forme d'un chromosome artificiel bactérien (BAC). La difficulté repose sur la taille du génome du KHV, deux fois plus grande que la plupart des herpèsvirus. Le docteur Costes a réussi ce clonage, jamais réussi auparavant sur un génome aussi grand. Cette manipulation a pour but de modifier le génome viral pour l'introduire dans une bactérie et assurer sa persistance au sein de la descendance de celle-ci. Après mutation du génome viral par des manipulations génétiques, le virus recombinant peut être produit par introduction de l'ADN modifié dans des cellules de poissons.
L'inoculation des virus KHV à de jeunes poissons a permis d'identifier un virus mutant n'induisant plus la maladie mais stimulant le système immunitaire des poissons. Vaccinés à l'aide de ce virus, les carpes développent une réponse immune qui les protège des infections ultérieures par le virus mortel. Ce vaccin fait l'objet d'un brevet et des négociations sont en cours avec un groupe pharmaceutique pour l'exploitation de cette découverte. Les fonctions de chaque gène du KHV vont donc maintenant pouvoir être étudiées. Plusieurs gènes du KHV font déjà l'objet de recherches très avancées. Un groupe a été constitué tout spécialement pour étudier les fonctions de chaque gène du KHV.
Le virus KHV a déjà causé des dégâts majeurs dans les étangs d'élevage notamment en Europe de l'Est, au Moyen Orient et en Asie. Très contagieuse, cette maladie induit en quelques jours un taux de mortalité avoisinant les 95%, chez la carpe Koï et la carpe commune.
Le laboratoire d'immunologie et de vaccinologie de l'ULg étudie les interactions entre divers pathogènes et leurs hôtes de manière à identifier les mécanismes développés par les pathogènes pour neutraliser le système immunitaire de l'animal infecté. Le laboratoire a ainsi découvert comment la tique inhibe l'inflammation au site de morsure en injectant de la salive (qui contient de puissants inhibiteurs) ou encore comment certains herpèsvirus interceptent les signaux d'alertes (cytokines) émis par le système immunitaire.