Situé au centre d'un réseau d'illustres demeures musicales (Mozart, Schubert, Bruckner, Beethoven...), dans le neuvième arrondissement de Vienne, la visibilité de l'Accélérateur de recherche environnementale VERA est un reflet non conforme de sa valeur scientifique. L'infrastructure, qui appartient à la famille des spectromètres de masse par accélérateur, est en effet l'un des points de convergence d'activités de recherche de plus en plus diversifiées : médecine (ex : utilisation du pic de 14C lié aux essais nucléaires pour la datation de l'ADN de cellules nerveuses), archéologie (datation au carbone 14), physique nucléaire (ex : recherche d'éléments superlourds de la région blanche du tableau nucléaire), paléoclimatologie (ex : corrélation entre les ratios 18O/16O dans les glaces et la température), astrophysique, sciences atomiques (ex : détection de la molécule H2-), molécules exotiques...
Grâce au comptage direct des atomes plutôt que celui des désintégrations et aux développements des technologies associées, l'instrument réalise des mesures de spectres de masse d'une précision augmentée d'un facteur 10E6. La lecture du contenu isotopique des échantillons analysés offre dès lors pour les scientifiques un moyen efficace de compléter leur information.
VERA a été développé par l'entreprise américaine NEC et mis en service en 1996. S'appuyant sur un accélérateur Pelletron en tandem de 3 MV, l'instrument de mesure couvre après amélioration l'ensemble des nucléides. Il est opéré par le groupe de recherche isotopique de la faculté de physique de l'université de Vienne selon une ventilation horaire qui conjugue recherche et enseignement, service commercial, et développement.