Lors d'un congrès international d'astronomie organisé à Nantes en juin 2008, le professeur Michel Mayor de l'Observatoire de l'Université de Genève (UNIGE) a annoncé la découverte de plusieurs dizaines de planètes extra-solaires, dont plusieurs "super-Terres".
Ce terme désigne des planètes dont la masse varie entre deux à dix fois celle de la Terre mais qui restent néanmoins plus légères qu'Uranus ou Neptune. Les observations effectuées par le spectrographe HARPS montrent notamment un système triple de super-Terres en orbite autour d'une étoile située à 42 années-lumière. De plus, les chercheurs ont pu mettre en évidence l'existence de deux autres systèmes planétaires. Dans l'un d'eux, en plus d'une planète comparable à Jupiter, une super-Terre gravite en neuf jours et demi autour de l'étoile HD 181433. Dans l'autre, même configuration: on trouve une planète comparable à Saturne et, à nouveau, une super-Terre.
Depuis la découverte, effectuée en 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz, d'une exoplanète gravitant autour de l'étoile 51 Pegasi, plus de 270 de leurs consoeurs ont été recensées autour des étoiles de type solaire. La plupart de ces exoplanètes sont énormes, comparables à Saturne ou Jupiter. Statistiquement, une étoile sur quatorze abrite ce genre de géantes. De telles observations laissent à l'évidence imaginer une quantité importante d'exoplanètes de petites masses. Pour le Professeur Didier Queloz, "un tiers des étoiles de type solaire pourrait bien abriter soit des super-Terres soit des planètes aussi grosses que Neptune, dont les périodes orbitales n'excèdent pas cinquante jours".
Si Harps permet de déterminer la masse de l'astre, il ne fournit pas d'informations sur sa taille. Il faudrait pour cela pouvoir observer la planète passer devant son étoile. Seule la donnée conjointe de la masse et de la taille permettra d'élaborer des hypothèses sur la structure de ces planètes et éventuellement comprendre leur formation.
HARPS
Fruit d'une collaboration franco-suisse entre l'Observatoire de l'UNIGE, l'Observatoire de Haute Provence, l'Université de Berne et le Service d'Aéronomie de l'Université Pierre et Marie Curie, HARPS est un spectrographe installé sur un des télescopes de l'Observatoire européen austral (ESO) au Chili. Il mesure la vitesse des étoiles avec une précision unique au monde, ce qui permet la détection d'exoplanètes de plus en plus petites.