Le cancer des bronches fait partie des cancers qui se développent le plus fréquemment, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Détecté tardivement, le cancer du poumon a un taux de mortalité à 5 ans égal à 80% (contre 10% s'il est repéré tôt). Il est donc intéressant de pouvoir disposer d'une méthode fiable de détection précoce.
Avec le soutien du Fonds National Suisse, une équipe de chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne a mis au point, en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois, une nouvelle méthode de détection des cellules tuméreuses. Intitulée "Endoscopie diagnostique par autofluorescence", cette technique est le fruit de dix ans de recherche dans le cadre du Programme national de Recherche "Technique biomédicale". Deux fois plus sensible que la méthode taraditionnelle (endoscopie bronchique en lumière blanche), la méthode est désormais prête à la commercialisation.
Le principe est simple : soumis à un rayonnement, les tissus bronchiques émettent naturellement une lumière fluorescente, les tissus sains avec une intensité beaucoup plus importante que les tissus malades. L'étude du contraste des images observées permet théoriquement de repérer les tumeurs.
En pratique, plusieurs problèmes se posent :
- Il faut tout d'abord pouvoir déterminer les longueurs d'onde qui donneront non seulement une fluorescence suffisamment intense pour être détectable mais aussi un contraste bien marqué. Aucune longueur d'onde ne permettant ces deux phénomènes à la fois, il a fallu trouver un compromis. Au final, l'excitation induisant l'auto-fluorescence se fait dans le violet tandis que l'observation se fait dans le vert.
- Par ailleurs, la distance entre la source de lumière primaire et les tissus joue aussi un rôle dans la quantité de lumière reçue par la caméra endoscopique - et ce particulièrement pour un organe comme les bronches, qui se présentent comme un tunnel ramifié. La solution, brevetée, est la suivante: une deuxième source de lumière, rouge, qui n'induit pas de fluorescence éclaire les bronches; celles-ci renvoient le rayonnement sans distinction entre tissus sains et carcinomes in situ. Seule la distance entre les tissus et la caméra crée une variation d'intensité pour les diverses portions de l'image. La détection simultanée des lumières de fluorescence verte et de rétrodiffusion rouge permet de compenser cet effet de distance et de corriger ainsi automatiquement l'image obtenue par auto-fluorescence.
Le test en situation clinique de cette méthode a montré qu'elle a détecté deux fois plus de lésions que l'endoscopie traditionnelle. Les médecins se sont également assurés qu'elle ne détectait pas comme cancéreux des tissus sains. La société allemande Richard Wolf GmbH est chargée de la mise sur le marché des appareils, dont à ce jour plus d'une centaine ont trouvé preneur.