Les universités espagnoles sont en pleine redéfinition de leurs diplômes afin d'adopter les formations au cadre européen défini par le traité de Bologne : bien qu'ayant adopté un découpage de type 4+1 alors que la plupart des autres pays de l'Union Européenne se sont calés sur du 3+2, le système universitaire espagnol sera désormais en phase avec celui de ses homologues européens.
Ce qui n'est pas à l'ordre du jour dans cette homogénéisation, c'est le processus d'entrée à l'université. Là, les situations sont très différentes d'un pays à l'autre. Alors que les résultats du bac sont tombés en France depuis quelques temps déjà, c'est actuellement que paraissent dans la presse espagnole les fameuses "notas de corte" : les barres, pourrait-on traduire.
De quoi s'agit-il ? En Espagne, le lycée ne dure que deux ans mais le primaire en durant six, les élèves arrivent finalement à l'université au même âge qu'en France. A la fin de ces deux années appelées années de Bachillerato, ceux qui ont la moyenne (ils sont alors "bacheliers") sont autorisés à passer à la mi-juin un examen de type bac à la française, appelé "selectividad" ou P.A.U. (Pruebas de Acceso a la Universidad) qui offre une session en septembre pour la repêche ou pour augmenter ses notes. La note de "sele" moyennée avec celle des deux années de lycée (40%/60%), donne une note (sur 10) qui sera déterminante pour entrer à l'université. En effet, chaque cursus de chaque université fixe le nombre de place qu'il offre : s'il reçoit plus de candidats qu'il n'y a de places, il prendra les étudiants qui ont les meilleures notes. La note du dernier pris donne cette fameuse "nota de corte", caractéristique de chacune des formations de chacune des universités. Une formation peu demandée aura une note de 5 (tout simplement la moyenne, minimum requis pour être admis) alors qu'une formation prisée aura une note supérieure, voire très supérieure. Les "notas de corte" catalanes sont par exemple sorties le 17 juillet et la presse en fait état, souvent avec exhaustivité : ce sera un bon indicateur pour 2009 à l'heure de faire ses choix de formation universitaire.
Cette année encore, les formations très demandées sont Médecine (8,60 à l'Université de Barcelone ou 8,31 à l'Université Autonome de Barcelone), Biotechnologie (8,56 à l'UAB) ou Communication (8,48 à l'Université Pompeu Fabra) alors que les sciences expérimentales comme Physique ou Chimie et les sciences humaines comme Histoire ou Géographie stationnent depuis plusieurs années au minium de 5,00. Ce sont les mêmes tendances que l'on retrouve dans les autres Communautés Autonomes avec 8,73 pour Médecine à l'Université Complutense de Madrid (en médecine, notes supérieures à 8, quelle que soit l'université espagnole) ou 8,71 en Biotechnologie à l'Université de Salamanque. Evidemment, ces notes ne traduisent en rien la qualité d'une formation mais signent seulement son attractivité.
Si régulièrement, les modalités de la "selectividad" sont discutées, ce système de sélection à l'entrée de l'université n'est pas du tout remis en cause. Il n'est pas sûr par contre qu'il rencontrerait autant d'adeptes en France !