La Commission des Activités Spatiales (SAC) a évalué une proposition de la JAXA (Agence spatiale japonaise) pour la mission qui succèdera au satellite ALOS. L'objectif de cette revue était de faire passer officiellement cette proposition en phase de R&D et de créer une équipe projet au sein de la JAXA. Cette mission intitulée "Disaster Monitoring Satellite System" (DMSS) a pour objectif l'observation des terres émergées à l'aide d'un satellite équipé d'instruments optiques et d'un autre satellite emportant un radar. Conformément aux tendances récentes, la JAXA va donc dissocier les charges utiles sur deux satellites au lieu d'un seul (ALOS) et la plateforme employée devrait être similaire à celle de GCOM ou GOSAT (environ 2 tonnes). Les satellites évolueront sur une orbite héliosynchrone à 630 km. Au final, il s'agira de fournir des données en cas de catastrophe naturelle sur l'Archipel. Outre les séismes qui frappent de manière irrégulière, le Japon est tous les ans victime de nombreux typhons entre juillet et octobre. En 2005 et 2006 le Japon avait mené une étude visant à identifier les besoins de la sécurité civile japonaise. La JAXA avait alors compris que les utilisateurs attendaient un système à forte résolution, avec une zone observable supérieure à 50 km, et surtout avec la possibilité d'obtenir les données en moins de trois heures.
Pour l'instant, les discussions ne portent que sur le premier satellite, équipé d'un instrument radar SAR utilisant une fréquence en bande L. La JAXA a en effet estimé que la composante radar était prioritaire sur la composante optique et qu'elle devait être mise en orbite plus rapidement. Pour ce satellite, l'agence espère des capacités supérieures à celles d'ALOS : une résolution spatiale entre 1 et 3 m en mode haute résolution (contre 10 m pour ALOS), et une fourniture des produits plus rapide. Alors que le Canada et l'Allemagne ont développé des radars en bandes C et X respectivement, le Japon continuera sur la lignée d'ALOS et développera un satellite en bande L, une fréquence moins élevée. Selon la JAXA, cette fréquence est particulièrement adaptée à l'analyse interférométrique, utilisée par exemple pour observer les déplacements du sol après un séisme. Le lancement de ce premier satellite DMSS/radar est prévu sur une H-IIA dans le courant de l'année 2012. Le coût de développement de ce premier satellite radar est estimé à 22,5 milliards de yens (132 Meuros). La JAXA soumettra prochainement à la même Commission une proposition pour la composante optique de DMSS.
La JAXA ne pourra cependant pas respecter la condition "une image en moins de trois heures" avec seulement les deux satellites de DMSS, et cherche donc un partenariat avec une agence étrangère. Des discussions seraient toujours en cours avec la CSA (Canada), le DLR (Allemagne) et la GISTDA (Thaïlande). Rappelons enfin que la JAXA estime que le satellite ALOS pourra poursuivre sa mission jusqu'en mars 2011, donc le Japon devrait connaitre une période sans satellite d'observation (en dehors de la constellation de renseignement IGS). Dans le cadre international, ce système DMSS correspond aux engagements de la JAXA vis-à-vis du GEOSS (Global Earth Observation System of Systems) dans la thématique "réduction et prévention des catastrophes naturelles". DMSS devrait participer aussi à la Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures, et régionalement à l'initiative Sentinel Asia sur la zone Asie-Pacifique. Enfin, si la mission principale de DMSS concerne la sécurité civile, les données seront aussi utilisées (comme pour ALOS) pour toute une série d'autres applications comme la cartographie, la sylviculture, l'agriculture, ou la recherche de ressources.