Une équipe de l'IBMC de Porto (Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire) en collaboration avec une équipe du Department of Plant and Microbial Biology de l'université de Berkeley ont publié dans la revue internationale Journal of Biological Chemistry une étude sur le champignon filamenteux Neurospora crassa précisant le mécanisme de mort cellulaire.
Les cellules meurent de deux façons différentes, soit par nécrose, processus inflammatoire qui intervient par exemple après une brûlure, soit par apoptose, ou mort cellulaire programmée. Ce suicide de la cellule vient contrebalancer les effets de prolifération cellulaire en assurant la santé de celui-ci par le maintien d'un nombre a peu près constant de cellules au sein de l'organisme. Une multiplication anormale de cellule donne naissance à un cancer. A l'opposé, la mort en masse de cellules fait surgir des maladies comme Alzheimer ou Parkinson. La mitochondrie, organelle cellulaire connu pour son rôle de production d'énergie cellulaire lors de la respiration, est également le siège de l'activation intrinsèque de la mort cellulaire programmée.
L'équipe dirigée par Arnaldo Videira a pu montrer que la moisissure N. crassa était un bon modèle pour étudier l'apoptose. Ils ont démontré que certaines des souches mutantes de leur laboratoire, souches dont les protéines constituant le complexe 1 de la mitochondrie ont été modifiées, étaient moins sensibles à une drogue (phytosphingosine) que la souche sauvage. Autrement dit, ces souches avaient un taux de survie plus important. Ils se sont alors rendus compte que les mitochondries de ces souches mutantes produisaient moins de radicaux libres (espèces réactives à l'oxygène ou ROS). L'accumulation de ROS suffit à induire certaines formes d'apoptose chez les plantes et les levures bien que son action soit encore questionnée dans les autres espèces. Enfin, d'autres souches comportant des délétions dans les gènes AIF (apoptosis inducing factor) et AMID (AIF-homologous mitochondrion-associated inducer of death) sont respectivement moins sensibles et plus sensibles aux effets de la drogue. "Ces résultats associés au fait d'avoir la séquence du génome de cet organisme font de N. crassa un modèle prometteur dans l'étude de l'apoptose" conclu Ana Castro, première auteure de l'article scientifique.
- Arnaldo Videira, IBMC - Instituto de Biologie Molecular e Celular, Universidade do Porto, Rua do Campo Alegre 823, 4150-180 Porto, Portugal - tél : +351 226 074 900, fax : +351 226 099 157 - email : avideira@ibmc.up.pt - IBMC : http://www.ibmc.up.pt/ - Department of Plant and Microbial Biology : http://mollie.berkeley.edu/
- "Novo modelo promissor para estudos no cancro" - Diário de Noctícias - 11/07/2008 - p32 - http://dn.sapo.pt/ - "Increased resistance of complex I mutants to phytosphingosine-induced programmed cell death" Ana Castro, Catarina Lemos, Artur Falcão, N. Louise Glass, Arnaldo Videira. Journal of Biological Chemistry 283 (28), 19314-19321. 11 juillet 2008 http://www.jbc.org/