Les spams (courriels non sollicités à caractère frauduleux) sont la "peste" des boîtes de courriers électroniques et des utilisateurs qui les reçoivent en très grand nombre. Des scientifiques de l'Institut Gulbenkian des Sciences (IGC) ont développé une méthode innovante de détection efficace de ces menaces fonctionnant comme une espèce d'aspirateur électronique. Les chercheurs se sont inspirés du système immunitaire des être vivants pour la développer.
Jorge Carneiro, chercheur à l'IGC, en partenariat avec d'autres scientifiques, a développé un modèle mathématique sur la régulation des lymphocytes T. "Ce modèle discrimine à partir de trois cellules en deux catégories les substances antigènes (extérieures à l'organisme) : les substances nocives et les substances nécessaires" explique Luis Rocha, directeur du laboratoire de Biologie Computationnelle de l'IGC et de la Fondation Luso-Américaine pour le Développement. Partant de cet algorithme basé sur le système de reconnaissance des lymphocytes T, les chercheurs l'ont adapté pour qu'il prenne en compte des fragments de courrier électronique et des mots, comme dans le processus initial où l'algorithme réagissait à des déterminants antigéniques protéiques. En étudiant les différents fragments du courriel, celui-ci est classé comme courrier indésirable ou non. Toujours en cours de développement, ce système apparaît déjà aussi efficace que les filtres classiques, réagissant selon les situations de façon plus appropriée. L'objectif de l'équipe est d'appliquer cette démarche à d'autres problématiques comme la recommandation d'articles scientifiques à des utilisateurs spécifiques.
Présenté à la conférence Artificial Life XI à l'Université de Southampton au Royaume-Uni le 7 août dernier, le modèle a été bien accueilli. Cette conférence présente ce qui se fait de mieux dans l'étude des procédés fondamentaux des systèmes vivants, à travers des simulations et la synthèse des entités et processus biologiques en milieux artificiels.