Technologies de l'information et de la communication Bangalore fortement concurrencée par des pôles émergents en Inde dans le domaine des services informatiques
L'immobilier en berne après des années fastes, très peu de création d'entreprises et d'emplois, Bangalore subit aujourd'hui le contrecoup de deux phénomènes. Le premier est celui de la crise économique mondiale, et particulièrement de la baisse du dollar qui affecte grandement les exportations. Le second est l'émergence en Inde de nouveaux pôles dans le secteur des services informatiques. Ces nouvelles Silicon Valley indiennes s'appellent Chennai, Chandigarh, mais aussi et surtout Noida et Gurgaon, dans la banlieue de Delhi. Dans ces villes, la situation est diamétralement opposée. La croissance des activités y est forte et ces villes sont pour l'instant moins congestionnées et moins chères que Bangalore.
Par ailleurs, les politiques publiques apparaissent maintenant moins favorables aux professionnels dans le Karnataka -l'état dans lequel se trouve Bangalore- que dans l'Etat de Delhi ou dans le Tamil Nadu. Un chef d'entreprise indien, M. Nagarajan, déclare ainsi que Bangalore n'est plus le paradis qu'elle pouvait être en 2000 pour les entreprises. Les états voisins ont bénéficié en quelque sorte des problèmes qu'a posé la croissance des activités à Bangalore. Les investissements ont été réalisés avec une vision à plus long terme et les législations ont été améliorées.
Dans le Tamil Nadu, le comité local de la Confederation of Indian Industry a ainsi salué la nouvelle législation dans le domaine, dévoilée le 30 juillet dernier par le gouvernement de l'Etat. Les infrastructures nécessaires au développement de l'activité seront renforcées dans les districts de Thiruvallur et de Kancheepuram, pour un montant de 2,5 milliards de roupies (38,6 millions d'euros). Des aides importantes seront aussi consenties aux entreprises, qui pourront bénéficier d'une aide financière de 3 millions de roupies (46 350 euros) et d'une exemption de taxes sur l'électricité pendant 2 ans, à la condition qu'elles emploient plus de 100 personnes. Si elles emploient plus de 400 personnes et ont investi plus de 2 milliards de roupies(30,9 millions d'euros), l'exemption de taxes pourra être portée à 5 ans. Des exonérations fiscales sont aussi prévues pour les investisseurs qui choisiraient d'investir au Tamil Nadu des sommes comprises entre 50 et 500 millions de roupies (entre 0,77 et 7,7 millions d'euros).
Les exportations de services informatiques de Gurgaon ont rapporté près de 180 milliards de roupies (2,8 milliards d'euros), un quasi doublement en deux ans. A Chandigarh, les volumes restent moins importants puisque les exportations de services informatiques n'ont représenté que 4 milliards de roupies (61 millions d'euros). Toutefois la croissance y est très forte, avec un bond de plus de 600% en trois ans seulement. Le Tamil Nadu représente déjà 11% du chiffre d'affaires du secteur en Inde, avec 5,7 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) de chiffre d'affaire en 2006-2007.