Instituts de renomée mondiale, vivier de l'élite technique et managériale indienne, les Indian Institute of Technology sont le fleuron des institutions académiques indiennes. Le nombre de ces instituts va être augmenté fortement dans les prochaines années. Un nouvel IIT ouvre même cette année, à Gandhinagar. Cette extension est la bienvenue puisque l'an dernier seulement 7 instituts de ce type existaient en Inde. Leur nombre devrait d'ailleurs passer à 15 d'ici 2012, les 8 états qui recevront un IIT sont les suivants : Bihar, Andhra Pradesh, Rajasthan Orissa, Gujarat, Punjab, Himachal Pradesh et Madhya Pradesh.
Toutefois, si les financements devraient être présents, le problème que rencontre aujourd'hui l'University Grant Commission (UGC) en charge des IIT est celui du recrutement des professeurs. En premier lieu, les candidats potentiellement admissibles pour de tels postes sont trop peu nombreux. Pankaj Jalote, professeur à l'IIT Delhi évalue le besoin des nouveau IIT en professeurs à 600 par an et le nombre de candidats admissibles à une centaine.
Qui plus est, une loi sur les quotas devrait être votée prochainement concernant le recrutement des personnels enseignants des IIT. Il deviendra obligatoire de recruter un certain nombre de personnes issues des castes les plus défavorisées. Ces deux dispositions combinées risquent de mener les IIT à revoir à la baisse le niveau de recrutement de leurs professeurs. Il est en effet loin d'être garanti que l'on trouvera dans les castes les plus défavorisées, les scientifiques de haut niveau dont les IIT auraient besoin.
D'ores et déjà, avant même la mise en vigueur de la loi, les médias indiens font état de postes non pourvus dans l'IIT Gandhinagar. Le gouvernement envisagerait sérieusement de créer un programme spécial pour pouvoir rappeler des scientifiques retraités, des conditions salariales spéciales pourraient leur être proposées.
A Delhi, l'IIT a reçu une aide financière de près de Rs. 200 crores (31 millions d'euros) pour sa modernisation. L'argent sera principalement investi dans la construction de 900 logements étudiants et 90 logements de fonctions pour des enseignants-chercheurs et dans la construction d'un nouveau batiment d'enseignement qui devrait compter treize amphithéatres.
A Bombay, le directeur de l'IIT, a décidé de remettre sa démission pour partir travailler pour l'entreprise Intellectual Ventures aux Etats-Unis. Une décision surprenante de la part d'un homme qui avait fait toute sa carrière dans les institutions de recherche publique indiennes. Certains mettent en avant que ce dernier souffrait des interférences constantes du pouvoir politique. La décision d'appliquer des quotas au niveau du recrutement des professeurs aurait été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.