La sérotonine (5-HT), un important neurotransmetteur, est impliquée dans un grand nombre de troubles tels que la dépression, l'anxiété, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et les troubles de l'apprentissage et de la mémoire. De récents travaux des chercheurs de la CAS ont montré que les souris manquantes de sérotonine sont moins craintives qu'une population témoin d'animaux mais retiennent des souvenirs anxiogènes plus longtemps.
Les résultats, qui ont été publiés en ligne dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, peuvent contribuer à développer de nouveaux traitements pour le syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Les patients atteints de SSPT restent sous l'influence souvenirs anxiogènes récurrents qui leur causent une souffrance constante car ils sont incapables de les oublier.
Afin d'étudier le rôle de la sérotonine dans le cerveau adulte, les chercheurs ont développé une méthode génétique qui permet d'ôter les neurones producteurs de sérotonine du cerveau de la souris, en laissant intacts tous les autres types de neurones, parmi lesquels beaucoup sont des récepteurs de sérotonine. Ils ont alors comparé le comportement de ces souris auxquelles la sérotonine a été ôtée, à une population de souris témoin dans une série d'expériences les obligeant à répondre à des situations anxiogènes.
Les scientifiques ont alors montré que les souris dépourvues de sérotonines étaient plus insouciantes que les autres dans une portion ouverte d'un labyrinthe ouvert (Elevated Plus Maze, voir pour en savoir plus), un parcours particulièrement anxiogène pour les rongeurs, qui craignent naturellement les espaces ouverts. Ce comportement suggère que ces souris seraient moins naturellement moins anxieuses que les autres. Cependant, dans l'expérience où certaines parties du labyrinthe ouvert envoyaient des chocs électriques dans les pattes des animaux, il se trouve que les souris dépourvues de sérotonines conservent des souvenirs déplaisants persistants, alors que les souris témoins sont capables de les oublier. Ce comportement inhabituel peut être corrigé en leur injectant de la sérotonine dans le cerveau, ce qui montre que c'est un comportement spécifique dû à la perte de ce neurotransmetteur.
Ce travail est issu d'une collaboration entre le Dr. XU Lin de l'institut de Zoologie de la CAS de Kunming, et des laboratoires du Dr. XU Tianle et du Dr. DING Yuqiang de l'institut des neurosciences de la CAS.