La vitrification d'un verre se produit de façon non uniforme sur un intervalle de températures appelé zone de transition vitreuse. La viscosité du liquide superfondu, c'est-à-dire le temps de relaxation, augmente fortement lorsqu'il approche la vitrification.
L'idée centrale qui se dégage des travaux analytiques numériques et expérimentaux conduits ces dernières années est que l'augmentation de la viscosité est causée par la croissance de domaines de particules localisés, c'est à dire que certaines parties du liquide deviennent rigides alors que d'autres conservent leur fluidité. Des régions lentes où le mouvement des atomes est difficile coexistent avec des régions rapides caractérisées par des temps de relaxation différents. Cependant les raisons conduisant à l'individualisation de régions rigides et qui expliqueraient les différences importantes dans les temps de relaxation restent encore incomprises.
En étudiant les aspects de la configuration initiale du liquide superfondu qui seraient responsables de la formation des domaines rigides, des chimistes australiens de l'Université de Sydney et américains ont apporté un nouvel élément qui contribuera à décrire le passage de l'état liquide au verre. A l'aide de simulations numériques des mouvements de vibration des atomes, les chercheurs ont montré que les modes normaux de vibration localisés de basse fréquence (ou mous) d'une configuration donnée au sein d'un liquide superfondu sont liés à une réorganisation structurale irréversible des particules dans cette configuration. La distribution spatiale de ces modes locaux mous peut subsister même dans le cas d'une réorganisation importante des particules.
Il en résulte que la position et le développement spatiaux des réarrangements atomiques irréversibles peuvent maintenant être prédits à partir des caractéristiques initiales du liquide.