Le rôle important joué par les forêts naturelles dans les processus de stockage du carbone a été reconnu à la Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques tenue à Bali, en décembre 2007. Une étude conduite à l'Université nationale australienne a montré que les forêts naturelles intactes du Sud-Est de l'Australie renferment des stocks de carbone par hectare bien supérieurs aux estimations existantes.
Les forêts naturelles intactes du Sud-Est de l'Australie stockent environ 640 t par hectare (t/ha) de carbone total (biomasse, bois mort, litière et sol, avec une déviation standard de 383). Une partie importante du carbone, soit 360 t C/ha est associée à la biomasse (vivante et non-vivante, avec une déviation standard de 277). La productivité primaire nette (PPN) moyenne de ces forêts naturelles est de 12 t C/ha par an (avec une déviation standard de 1,8). Le record est détenu par les forêts d'Eucalyptus regnans des régions tempérées fraîches, en Tasmanie et dans les Central Highlands, une région montagneuse du nord-ouest de Melbourne, dans l'Etat du Victoria. Ces forêts d'arbres géants à feuilles persistantes emmagasinent en moyenne 1200 t C/ha dans leur biomasse, et jusqu'à un maximum de 2000 t C/ha.
La capacité moyenne de ces forêts à fixer le carbone est trois fois supérieure à celle des autres forêts tempérées, dont la moyenne a été estimée à 217 t C total/ha par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Les valeurs par défaut du GIEC du carbone dans la biomasse (96 t C/ha) et de la PNN (7 t C /ha par an) sont également très inférieures à celles estimées dans cette étude.
Environ la moitié des forêts australiennes a été défrichée au cours des 220 dernières années, et les stocks de carbone de plus de 50% des forêts non protégées du pays ont été réduits par les activités liées à l'exploitation forestière (déboisement et reboisement). Selon les estimations, les 14,5 millions d'hectares de forêts d'eucalyptus naturelles fixent de manière durable environ 9,3 Gt (109) de carbone si elles restent intactes, ce qui correspond à une quantité d'émissions évitées de 460 millions de tonnes de CO2 par an, pendant les cent prochaines années.