La teneur en substances toxiques comme les polychlorobiphényles (PCB) ou le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) est plus élevée chez la mouette blanche (Pagophila eburnea) que chez les autres espèces d'oiseaux marins. Des chercheurs et des écologistes craignent que ces polluants n'influent sur les oiseaux de manière négative.
La mouette blanche est une espèce d'oiseaux qui vit uniquement dans l'Arctique, et qui niche plus au nord que n'importe quelle autre espèce. Il existe environ 14.000 couples, la plupart dans l'Arctique russe. Le recensement dans les secteurs russe et norvégien de l'Arctique a été réalisé après qu'il a été constaté une diminution de 80% de la population de mouettes blanches au Canada. Deux menaces ont été identifiées : les changements climatiques et la pollution.
Sur recommandation de l'Autorité Nationale de Contrôle de la Pollution (SFT) et en coopération avec l'Université de Médecine Vétérinaire (NVH) et NTNU, l'Institut Polaire Norvégien a analysé la concentration des polluants contenus dans les oeufs de mouettes blanches. La mouette blanche est une espèce rare selon les normes internationales, et l'une des espèces d'oiseaux les moins bien connues aujourd'hui.
Les études montrent que plus la concentration en polluants est élevée chez les oiseaux, plus la teneur en vitamine E est faible. En revanche, il semble que la teneur en vitamine A augmente avec la concentration en polluants. Cela illustre le fait que l'état de santé des oiseaux est influencé par les substances toxiques. La concentration en PCB et DDT mesurée chez les mouettes blanches est particulièrement plus élevée que chez plusieurs autres espèces d'oiseaux arctiques. Il a aussi été découvert que l'épaisseur de la coquille des oeufs était réduite par une plus haute concentration en polluants, ce qui s'accorde avec des études antérieures concernant ces produits toxiques.
La teneur en polluants chez les mouettes blanches et chez les autres espèces d'oiseaux arctiques est à présent si élevée qu'elle induit un facteur de tension supplémentaire dans un environnement qui est à présent bouleversé par les changements climatiques, selon Geir Wing Gabrielsen, chercheur et chef du projet sur les polluants au sein de l'Institut Polaire Norvégien. Dans des études précédentes de l'Institut Polaire et SFT, il a été montré que la teneur en substances toxiques chez les oiseaux arctiques est à un tel niveau que cela entraîne entre autres à une diminution de la survie chez les oiseaux adultes.