Le secteur biomédical a été choisi depuis plusieurs années par le gouvernement singapourien pour être l'un des piliers du développement économique du pays. Dans ce contexte, le nombre d'essais cliniques a également augmenté : +38% entre 2000 et 2006, les traitements anti-cancéreux représentant plus du quart de l'ensemble des essais réalisés en 2005 et 2006.
La presse singapourienne se réjouit donc de l'attraction de la Ville-Etat dans ce domaine et également de l'opportunité ainsi donnée à certains patients d'avoir accès à des traitements potentiellement efficaces mais encore non disponibles sur le marché et parfois financièrement inabordables.
Cependant, elle dénonce également des abus de la part de certains des " cobayes de phase 1 ", des individus sains sur lesquels sont testés d'éventuels effets secondaires à différents dosages du médicament. En effet, d'après le Strait Times, ils seraient nombreux à ne pas respecter l'intervalle obligatoire de trois mois minimum entre deux études. A cela, une seule raison : l'attrait financier. Participer à un essai clinique rapporte généralement entre 2000 et 5000 dollars singapouriens (1000 à 2500 euros), une somme très appréciable pour, par exemple, un étudiant non boursier. Ainsi, un manque de contrôle et une gestion décentralisée vers chaque compagnie pharmaceutique concernée, permettrait aisément ce genre de pratique, mettant ainsi en danger la santé d'un nombre non négligeable de singapouriens.