Un groupe de chercheurs de l'Institut singapourien de Biologie Moléculaire et Cellulaire (rattaché à l'agence gouvernementale A*STAR, Agency for Science, Technology and Research) a découvert que certaines substances provenant d'une bactérie localisée dans l'intestin humain, pouvait rendre la levure Candida Albican extrêmement infectieuse. En effet, cet organisme vivant à l'état naturel dans la bouche et le tube digestif de l'être humain (on le retrouve chez environ 80% de la population) n'entraîne habituellement aucune maladie ou symptôme en particulier. Cependant, il peut dans certains cas, provoquer des infections fongiques (candidoses), qui représentent une cause importante de morbidité chez les patients immunodéprimés (comme par exemple les personnes sous chimiothérapie ou atteintes du SIDA).
Ainsi, cette équipe, dirigée par le professeur Wang Yue, a identifié un dérivé de peptidoglycane (un polymère formant la paroi des bactéries) comme étant responsable de la conversion du Candida Albican dans sa forme infectieuse. Une fois dans cette forme, la levure est capable d'envahir les tissus environnant et d'échapper aux défenses immunitaires de l'individu. La présence d'inducteur de candidoses dans le sang humain avait été découvert il y a plus de 50 ans, mais la nature de cet inducteur et son mécanisme d'interaction avec Candida Albican restait inconnu.
Cette découverte ouvre ainsi la voie vers le développement de nouveaux traitements capables de bloquer le mécanisme de reconnaissance du peptidoglycane par la levure.