Dans un discours donné le 14 août dernier devant des étudiants et professeurs de la Lee Kuan Yew School of Public Policy (école de sciences politiques), le Ministre de l'éducation Ng Eng Hen a tenu des propos inhabituels à Singapour. Après s'être félicité de la réussite en l'espace d'une trentaine d'années du système éducatif de la cité-état, il a en effet souligné que la qualité des diplômes délivrés à Singapour n'était pourtant pas suffisante et qu'au-delà d'un statut académique, la prochaine génération d'étudiants devrait posséder une capacité à se remettre en question. Dans un pays où la méritocratie, le culte des indicateurs de performances et l'obéissance au gouvernement sont des valeurs essentielles, voilà qui a de quoi surprendre.
A une personne lui faisant remarquer le conditionnement de la participation aux activités sportives et artistiques à un bon carnet de notes, le ministre a également admis qu'il était nécessaire de limiter la rigueur académique dans les écoles de manière à aménager un espace d'expression pour les qualités et valeurs individuelles de chacun.
Mais cette ouverture a ses limites. Devant le nombre croissant d'étudiants singapouriens partant à l'étranger pour leurs études et ne revenant pas, trouvant le système trop restrictif et étouffant, M. Ng évoque une perception de la réalité décalée et que les générations futures, si elles doivent posséder en plus de leurs compétences scolaires un ensemble de valeurs plus personnelles, doivent continuer à aimer et supporter Singapour.