Du 1er au 5 septembre dernier, s'est tenu à Valence (Espagne) la 23ème Conférence Européenne de l'énergie photovoltaïque, dont le comité scientifique était présidé par un français, Daniel Lincot, directeur du Laboratoire d'électrochimie et de chimie analytique (CNRS/ENSCP/UPMC) et directeur adjoint de l'Institut de recherche et de développement sur l'énergie photovoltaïque (CNRS/EDF/ENSCP). Avec le soutien de la Commission Européenne, de l'UNESCO, du WCRE (World Council for Renewable Energy), de la Generalitat Valenciana, de l'AVEN (Agencia Valenciana de la Energía) et de l'EPIA (European Photovoltaic Industry Association), elle a réuni autour de l'énergie photovoltaïque 4000 chercheurs et un millier d'exposants, dont environ 700 entreprises, de 35 pays du monde.
Pendant ces cinq jours, des conférences ont abordé les thèmes de la recherche fondamentale, des cellules solaires en silicium, des couches minces, des systèmes photovoltaïques, de leurs composants, et du déploiement photovoltaïque dans le monde. Malgré une augmentation de 40% par an des capacités installées dans le monde et un chiffre d'affaires mondial de 24 milliards d'euros, cette énergie ne représente pour l'instant qu'1% de la production d'électricité mondiale, mais pourra dans un avenir proche supplanter l'énergie éolienne et remplacer les énergies fossiles.
Le marché actuel se concentre dans cinq pays, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Espagne, le Japon et l'Italie, mais devrait se développer dans le monde très rapidement au vue des prévisions de baisse des prix et de production installée (3800 MW en 2007, 5000 MW en 2008, 7000 MW en 2009 et jusqu'à 20.000 MW en 2012). En Espagne, cependant, un ralentissement de la mise en place de cellules photovoltaïques est attendu après l'annonce par José Luis Rodriguez Zapatero de la limitation des aides à l'installation à 300 MW maximum en 2009.
Cette conférence a mis en lumière les axes de recherche d'amélioration de cette technologie, au rendement encore trop faible (seulement 15% actuellement, avec des cellules en silicium) : - L'augmentation du rendement des cellules en silicium actuelles jusqu'à 30% ; - Les couches minces, d'1 micromètre d'épaisseur, composées soit de silicium amorphe, soit d'un alliage cadmium-tellurure, soit d'un alliage cuivre-indium-sélénium. D'autres recherches portent sur les cellules en matière organique et sur l'utilisation de colorant, permettant d'obtenir des cellules à faible rendement mais peu onéreuses ; - Le très haut rendement, 40%, solution encore futuriste utilisant les nanotechnologies.
Elle a également proposé aux participants la présentation de prototypes, dont le plus marquant est sans nul doute "Solarworld n°1", un véhicule solaire allemand, de 5 m de long et 200 kg, pouvant atteindre 120 km/h.
Toutefois, alors qu'elle a suscité un engouement sans précédent des chercheurs du monde entier, on peut déplorer que cette manifestation n'ait pas obtenu la faveur de la presse espagnole, malgré tout l'intérêt de cette source d'énergie pour le pays. En effet, avec ses 8300 installations photovoltaïques raccordées en 2007 au réseau électrique, l'Espagne se situe au 2ème rang européen et au 4ème mondial en matière de production d'électricité photovoltaïque. Cette énergie a connu un gigantesque bond en avant depuis 2007, avec +440% de puissance installée entre 2006 et 2007, soit un total de 570 MW installés. La plus grande centrale solaire espagnole à Beneixama (20 MW de puissance, mise en service septembre 2007) vient d'être détrônée cette année de son 1er rang mondial par une installation portugaise. Ainsi, l'Espagne serait capable, à terme, de fournir 10% du marché photovoltaïque mondial.
Si vous souhaitez en savoir plus, un dossier sur les énergies renouvelables en Espagne sera publié prochainement.