Dans le dernier numéro du BE, nous faisions état de la volonté du gouvernement espagnol de doper les universités par la création de "mégacampus" compétitifs à l'échelle internationale [1]. Cet été, la ministre de la Science et de l'Innovation, Cristina Garmendia, a apporté quelques précisions sur les moyens pour y parvenir.
L'idée maîtresse : un tel plan ambitieux de réforme des universités exige de gros moyens financiers et dans cette période de crise, particulièrement profonde en Espagne, c'est du côté du privé qu'il faudra trouver cet argent. Des incitations fiscales seront mises au point pour faire en sorte que la part de financement du privé dans les universités espagnoles ne soient plus de 4% (chiffres 2004) mais plus proche de la situation de Grande-Bretagne (11%). Face à ceux qui craignent un désengagement de l'Etat dans le système universitaire et entre autre, une explosion des frais d'inscription, la ministre n'envisage pas de laisser aux universités le choix de fixer le coût d'inscription et affirme que celui-ci restera un des plus bas d'Europe.
Nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet dans les mois à venir : d'ici la fin de l'année en effet, le parlement devrait avoir entre ses mains l'avant-projet de loi sur la science qui constituera la feuille de route pour les quatre années à venir de la législature.
Ce texte montrera les moyens qu'est prêt à mettre en oeuvre le gouvernement espagnol pour faire passer l'économie espagnole de "l'économie de la brique" qui l'a tant enrichie ces dernières années mais à quel prix aujourd'hui, à une véritable économie basée sur la connaissance. Telle est en tous les cas l'ambition affichée.