Une étude sur la gestion de la confiance par le cerveau "Neural correlates, computation and behavioural impact of decision making" [1], publiée dans Nature par le coordinateur du programme de Neuroscience de la fondation Champalimaud, Zachary Mainen, remet en question l'exclusivité humaine concernant la capacité à faire un choix en fonction de son niveau de confiance en chacune des alternatives offertes. Cette étude démontre en effet la capacité des rats à avoir différents niveaux de confiance dans leur prise de décision.
Les chercheurs ont entraîné des rats de laboratoires à reconnaître en échange d'une récompense une odeur plus ou moins intense dans un mélange de deux composés odorants. Selon Zachary Mainen, "en variant la composition du mélange, il a été possible de manipuler le degré de difficulté de la décision, et en conséquence, le degré d'incertitude". Il explique que "cela revient à demander à une personne de décider si un mélange de tons verts et bleus est plus vert ou bleu. Quand le mélange est à dominante verte ou bleue, la confiance est plus importante et le choix plus rapide. L'incertitude est maximum quand les deux tons sont mélangés dans des proportions identiques".
L'équipe de chercheurs a enregistré l'activité d'un petit groupe de cellules localisées dans le cortex orbitofrontal, une zone commune à la fois aux rats et aux humains. Au cours des expériences avec les odeurs, ils ont pu vérifier la corrélation entre la vitesse de réaction des cellules et le degré d'indécision des animaux dans le choix des odeurs. D'autres expériences ont permis à l'équipe de chercheurs de montrer que les rats préfèrent éviter les situations d'incertitude et attendre une autre situation où ils sont plus certains de recevoir leur récompense.
Zachary Mainen met en avant que les résultats obtenus par son équipe "suggèrent que l'estimation du niveau de confiance n'est pas une fonction complexe spécifique aux êtres humains mais un composant neurologique de base du processus de prise de décision que l'on peut retrouver dans le règne animal".
Fondation Champalimaud
Le programme Champalimaud en Neurosciences, basé à l'Institut Gulbenkian de Sciences, se consacre aux études des fondements cellulaires et moléculaires du comportement. Le programme a été lancé en 2007. Il est constitué actuellement de 5 groupes de recherche, portugais et étrangers (voir BE Portugal 23, "Les fondations Champalimaud et Gulbenkian s'associent dans le domaine des neurosciences" [2]).
Chaque année, la fondation décerne le prix Antonio Champalimaud de la Vision d'une valeur de 1 million d'euros pour récompenser des réalisations scientifiques exceptionnelles dans le domaine de la compréhension, le diagnostic, et/ou le traitement de maladies et problèmes de vision. Cette année, le prix 2008 a été remis le 9 septembre 2008 à Lisbonne à Jeremy Nathans et King-Wai Yau pour leurs découvertes sur les mécanismes d'absorption de la lumière par la rétine et de conversion en signaux nerveux.
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