Le domaine des produits pharmaceutiques compte parmi l'un des principaux moteurs de développement de l'économie suisse et le pays compte plusieurs entreprises parmi les 10 premières mondiales.
1. Novartis
Troisième pharma mondiale en termes de parts de marché pour 2007 et première nationale ( C.A. 28,4 milliards d'euros , bénéfice net 8,5 milliards d'euros ), la firme bâloise Novartis a réalisé, en 2007, 13% des exportations suisses, soit 16,2 milliards d'euros.
Le 10 juillet dernier, la société a lancé une OPA sur la compagnie Speedel, spécialisée dans les traitements thérapeutiques cardiovasculaires et les troubles du métabolisme. Fait intéressant : Speedel est une spin-off de Novartis créée en 1998 par Alice Huxley, alors chercheuse dans le laboratoire bâlois, spécialisée dans les traitements de l'hypertension (notamment via son médicament Tekturna). Les experts s'accordent pour dire que l'opération vise à permettre à Novartis de consolider sa place de leader sur ce marché en prenant de vitesse ses concurrents directs (Roche notamment).
Soumise comme les autres pharmas à la menace des génériques, Novartis cherche à recouvrer des marges de manoeuvre dans ce secteur, d'autant plus qu'elle a reconnu ne pas être en mesure de dégager une meilleure performance que ses concurrents en 2008.
2. Roche
Sixième pharma mondiale en 2007 et deuxième suisse (C.A. 28,8 milliards d'euros , bénéfice net 9 milliards d'euros ), Roche est également implantée à Bâle. Le groupe a annoncé cet été sa décision de mettre fin à ses recherches sur le virus du Sida (VIH) après avoir considéré que les recherches précliniques ne permettront pas d'arriver à un progrès substantiel. Les chercheurs seront réaffectés sur d'autres maladies telles que les hépatites B et C.
Le groupe a également profité de la période estivale pour racheter plusieurs entreprises de biotechnologies nord-américaines. Tout d'abord, Mirus Bio Corporation, basée à Madison (Wisconsin), spécialisée dans les technologies innovantes fondées sur les acides nucléiques. L'opération devrait être finalisée d'ici à la fin de l'année. Ensuite, Arius, société canadienne installée à Toronto et qui développe une plate-forme d'identification et de sélection des anticorps. Le montant de ces deux transactions s'élève à 198 millions d'euros.
Tentative d'OPA sur sa filiale californienne Genentech: déjà en possession de 55,9% du capital de la biotech américaine, Roche a annoncé être prêt à mettre 27,6 milliards d'euros pour racheter les 44,1% restants. Numéro un mondial sur le marché des médicaments contre le cancer, Genentech représentait en 2007 un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros pour un effectif de 11.000 collaborateurs. Roche s'est engagé à garantir le maintien de l'indépendance de sa filiale et espère ainsi renforcer les collaborations entre les chercheurs américains et suisses. La décision était envisagée mais c'est la dépréciation du dollar et la stagnation de l'action de Genentech depuis bientôt trois ans qui ont poussé Roche à lancer son OPA.
Cependant, mi-août, le Conseil d'Administration de Genentech a refusé l'offre en la jugeant "significativement sous-évaluée". Si aucune mention d'un montant acceptable n'a été faite, le groupe californien se déclare néanmoins prêt à étudier une proposition améliorée.
Les investissements croissants de Roche dans le secteur des biotechnologies sont en lien direct avec la concurrence accrue des génériques et les prochaines expirations de brevets qui devraient affecter tous les grands groupes pharmaceutiques dans les les six prochaines années.
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