Une équipe taiwanaise du Centre de recherche génomique de l'Academia Sinica vient de publier, en collaboration avec l'université américaine Rockefeller, des résultats encourageants concernant le développement d'un vaccin à ADN contre le H5N1, plus communément appelé grippe aviaire.
Les vaccins à ADN sont des concepts novateurs en vaccinologie, nés au début des années 90. Ils consistent à introduire directement dans certaines cellules musculaires de l'organisme le gène codant pour l'antigène vaccinal. L'ADN pénètre dans la cellule musculaire qui va ensuite synthétiser elle-même l'antigène. Le vaccin est donc produit, localement, par l'organisme de l'individu à immuniser. Cette méthode de vaccination, simple et peu coûteuse, présente d'importants avantages en terme d'efficacité : l'antigène ainsi produit se présente généralement sous sa forme native, en tout point similaire à celui synthétisé lors d'une infection. Surtout, il est produit de façon prolongée par les cellules de l'organisme.
Les chercheurs taiwanais ont analysé plusieurs centaines de gènes de l'hémagglutinine (HA), une glycoprotéine antigénique présente à la surface virus H5N1 et responsable de la fixation de la particule virale à un récepteur situé sur la cellule cible, provenant de plusieurs souches de virus. A partir de toutes ces souches, une séquence ADN identique a été identifiée, nommée " consensus HA ", puis répliquée à l'aide de la bactérie E. Coli afin de créer un vaccin candidat. Il a ensuite été injecté dans les cellules musculaires de souris par impulsions magnétiques ultra-courtes.
Les rongeurs immunisés ont été exposés aux quatre différentes souches du virus H5N1 que l'on peut trouver au Vietnam, en Indonésie, en Turquie ou encore en Chine continentale. Le taux de survie des souris vaccinées était de 80% concernant la souche indonésienne et 100% pour les trois autres alors qu'aucun rongeur non immunisé n'a survécu.
Ce vaccin à ADN est actuellement produit par le Centre taiwanais de développement en biotechnologie (DCB). Il devrait bientôt être soumis au département de la santé américain pour approbation afin de commencer des premiers tests sur des patients humains dès l'année prochaine.
Les résultats ont été publiés dans la revue en ligne "Proceedings of the National Academy of Sciences".