Annoncé en juin 2008 par la Chancelière, le sommet sur l'enseignement a réuni à Dresde le 22 octobre 2008 les autorités fédérale et régionales - ces dernières représentées par les Ministres-présidents des 16 Länder, pour débattre de toutes les questions relatives à l'éducation et l'enseignement. Angela Merkel souhaite faire de l'enseignement une priorité nationale. En effet, son objectif est de faire de l'Allemagne une "république de l'enseignement" permettant à chacun d'acquérir la formation à laquelle il a droit.
La Chancelière et les Ministres-présidents se sont ainsi accordés sur le principe d'augmenter les budgets à venir concernant l'éducation, l'enseignement et la recherche. L'objectif fixé est celui d'investir 10% du PIB dans l'enseignement et la recherche d'ici 2015. Actuellement, les dépenses du pays représentent 6,2% du PIB pour l'enseignement, et 2,7% pour la recherche, soit au total moins de 9%. Pour atteindre l'objectif des 10%, l'Allemagne devra injecter chaque année au moins 20 millions d'euros supplémentaires dans ces domaines. Aucune mesure concrète n'a cependant été décidée lors du sommet. La Chancelière a annoncé la mise en place d'un groupe de travail, constitué de représentants du Bund et des Länder, chargé de réfléchir sur ces questions de budget et d'élaborer des propositions pour le mois d'octobre 2009.
Certaines décisions plus concrètes ont tout de même été prises lors de ce sommet : - La part d'étudiants entrant en première année universitaire, actuellement de 36%, devra atteindre 40% ; ce qui figure déjà dans le contrat de coalition entre les deux forces politiques au pouvoir (CDU et SPD). - Le "Pacte pour l'enseignement supérieur" (Hochschulpakt) devra être poursuivi. Celui-ci permet de créer davantage de places dans les universités. Un financement potentiel de 275.000 places supplémentaires en première année d'études d'ici 2011 a été évoqué. Le solde restant dans le cadre de ce pacte n'est cependant pas précisé. - En matière de soutien à la recherche de pointe, la poursuite des programmes "Initiative d'excellence" et "Pacte pour la recherche" a vivement été encouragée.
Les réactions qui ont fait suite à ce sommet de l'enseignement ont été nombreuses. En dehors des partis politiques de l'opposition, la Chancelière a reçu diverses critiques. Le Président du Wissenschaftsrat (Conseil scientifique) a exprimé sa déception quant à la non-prise en compte du besoin d'améliorer la qualité de l'enseignement supérieur allemand. Les Présidents d'universités attendaient davantage d'engagement concernant les moyens accordés à leurs établissements. Enfin, les différentes fédérations, telle que la Fédération de l'industrie allemande (BDI), ont souligné le manque de mesures visant à pallier le manque d'ingénieurs et de main-d'oeuvre qualifiée dans le pays.