La raison derrière la tendance à critiquer les développements et les technologies locaux et à favoriser les importations est principalement due à la confiance immense que les indiens accordent à tout ce qui est importé, du point de vue de la fiabilité et de la performance. Malgré le fait que ceci puisse être vrai dans une certaine proportion, l'ignorance des indiens au sujet des produits fabriqués localement en comparaison avec ceux importés semble être la raison principale, certainement à cause d'un manque de pratique du benchmarking soit par les agences de développement, soit par des corps indépendants en Inde.
Les Indiens devraient savoir que des fonds sont levés pour les activités de recherche et de développement de différents laboratoires et organisations gouvernementaux, sans compter une foule d'organisations de recherche du secteur privé, des universités et autres institutions d'éducation.
Beaucoup d'efforts qui ont été faits par les petites comme les grosses organisations ont été futiles parce qu'il n'y a pas d'experts parmi ces organisations pour les promouvoir sur les deux marchés, indien et international. Soit dit en passant, il serait pertinent de mentionner ici que faire la chronique des activités de recherche et développement et les archiver dans une mémoire avec accès et revues réguliers pour juger de leur pertinence pour un usage à chaque innovation sans besoin de développement complet ou de "réinventer la roue" pourrait éviter un gaspillage de temps énorme et un coût à l'échelle nationale. Cela pourrait aider à construire un avantage compétitif sur les autres pays dans le développement et la vente des technologies et produits indiens.
Il est possible que certains efforts réalisés deviennent vains à cause de la conjoncture mondiale compétitive. Il y a eu un manque important dans l'entretien des compétences manageriale et administrative, surtout en ce qui concerne la R&D et les efforts de développement en Inde.
Alors que les ingénieurs et les scientifiques indiens ont contribué au progrès et à la prospérité de la nation, les managers et administrateurs indiens se sont focalisés sur les succès à court terme et des bénéfices tangibles immédiats. Il n'y a eu aucun effort, hormis dans certains secteurs comme la Technologie de l'Information, pour générer une vision globale et harmoniser les initiatives développées en vue des aspirations et besoins futurs. Alors que certaines entreprises étrangères se sont positionnées dans une telle vision comme IBM qui qualifie ses offres de "solutions pour une petite planète", il n'y a pas de telles entreprises visionnaires indiennes. Beaucoup d'entreprises du secteur public dans les domaines high-tech évitent de regarder le scénario mondial.
Même si la confidentialité est très importante, il y a ici des restrictions dans le partage de l'information au sujet de la R&D, ce qui devient une perte pour le pays en ne la rendant pas disponible à ceux qui aimeraient innover à partir de travaux déjà réalisés. La proportion de cette perte, si les initiatives ne sont pas documentées (ce qui n'est pas impossible aujourd'hui, vu les tailles de stockage disponibles pour de gros volumes de données), pourrait être importante. Il pourrait être pertinent qu'une organisation fondée ou contrôlée par le gouvernement s'occupe de cette tâche d'unifier les données disponibles sur les projets R&D dans les différentes institutions, pour permettre ainsi une disponibilité de l'information qui éviterait une duplication ou une perte de temps dans le domaine en question.
Les garants de cette ressource d'information commune devraient alors prendre en compte des aspects comme les droits d'auteur et la possibilité d'être commercialisé lorsqu'ils fourniront des données sur des activités en développement.