La plus large étude de longue durée jamais menée jusqu'ici sur les conséquences régionales du changement climatique vient de démarrer dans 6 centres de la communauté Helmholtz. Dans le cadre de ce grand projet, baptisé TERENO (TERrestrial Environmental Observatories), quatre observatoires sont mis en place en Allemagne, au sein desquels les chercheurs vont s'intéresser aussi bien aux répercussions du changement climatique sur les écosystèmes locaux qu'à ses conséquences économiques. L'objectif est de développer, à partir des données, des modèles permettant d'améliorer les prévisions et d'en déduire des mesures d'adaptation au changement climatique.
La communauté Helmholtz soutient TERENO à hauteur de 12 millions d'euros. La compréhension des effets du changement climatique à l'échelle régionale, en particulier les conséquences pour les écosystèmes, se heurtait jusqu'à aujourd'hui au manque de données d'observation. Comme l'explique le Prof. Harry Vereecken, coordinateur du projet au Centre de recherche de Jülich (FZJ), il manquait également "des observatoires reliés entre eux, documentant les changements sur le long terme", lacune que les 6 centres Helmholtz s'attachent désormais à combler.
Aux côtés du FZJ sont impliqués le Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR), le Centre de recherche de Karlsruhe, le Centre Helmholtz de Munich, le Centre Helmholtz de recherche sur l'environnement (UFZ) de Leipzig-Halle et le Centre allemand de recherche en géosciences (GFZ) de Potsdam. Les quatre observatoires institués vont permettre d'enregistrer et de traiter des données environnementales, en appliquant des méthodes de génie de l'environnement, de géophysique et de télédétection. Il s'agira non seulement de données climatiques, mais aussi d'observations portant sur la qualité de l'eau et du sol, la végétation et la biodiversité. Les mesures sur le long terme servent de base à l'étude des processus d'échange et de couplage dans le système "Sol-végétation-climat", afin d'appréhender les effets des changements du climat et de permettre le développement de modèles de prévision tournés vers les processus.
Les quatre observatoires se consacrent à des régions aux particularités différentes : - la région de l'Eifel et du bassin du Bas-Rhin, à l'Ouest de l'Allemagne, est marquée par l'urbanisation et une agriculture intensive, ainsi que par l'activité minière, - dans la région de Leipzig-Halle, l'occupation du sol est caractérisée par un mélange de forêts de moyenne montagne, de forêts alluviales, de grandes surfaces agricoles, de zones urbaines et industrielles et de mines, - la région des Alpes et des contreforts alpins présente en son sein, en raison des variations rapides d'altitude sur de faibles distances, des zones climatiques distinctes. Etant donné l'utilisation touristique, agricole et sylvicole de ce secteur, des changements, même faibles, du climat peuvent y avoir des conséquences économiques et écologiques marquées, - la zone d'étude de la plaine nord-allemande, qui recouvre le Parc national de Müritz, la réserve de biosphère de Schorfheide-Chorin et le bassin versant de l'Uecker, est de plus en plus concernée par la sécheresse. En conséquence, de nombreux marais et petits plans d'eau menacent de s'y assécher.